Report par Sabrina M. Lozen – Photography / extrait vidéo kermhit
Après les festivités traditionnelles de Juillet, je me prépare à célébrer une toute autre messe en ce début du mois d’août, dédiée à des idoles moins patriotiques que démoniaques. Direction Cercoux, au Nord de Bordeaux, pour 3 jours de danses macabres avec le Festival 666 !
Jour 1 – 08/08/2025
Début d’après-midi, le festival ouvre ses portes sous un soleil implacable. Les festivaliers suent sang et eau (ou bière) dans la file d’entrée, le thermomètre affiche 38°C, et la poussière commence déjà à nous faire comprendre qu’elle ne nous lâchera pas d’une semelle pendant ces 3 jours. Une fois les portes d’entrée franchies, je redécouvre un site qui n’a pas beaucoup changé, hormis les stands de Merch qui ont été placés dans l’allée menant de l’entrée au coeur du site. A posteriori, certains exposants ont déploré cette situation, réduisant l’affluence et la visibilité au long de la journée. Pour le reste, on retrouve la même ambiance conviviale, le site bien agencé et les décorations qui font l’identité du site. Il est temps maintenant de rentrer dans le vif du sujet ! Suivez Charlie, la mascotte burlesque !
A 14h, la foule est encore éparse et un peu amorphe. Le défi de Regis est donc de taille, et il le relève avec ferveur.


Avec son Metal à résonnance old-school, le groupe de La Rochelle parvient à capter doucement l’attention à base de riffs âpres, et de groove sans fioritures.


Leur musique sent bon de Nu Metal brut de décofrage, authentique.

L’esprit des années 90s se répand dans les rangs, qui commencent à se rassembler pour prendre leur premières salves de décibels.
Un autre esprit old-school s’invite ensuite sur scène, avec le hard-rock sauvage des Bordelais de Dark Dogs.


L’énergie du cuir vieilli, des riffs claquants et des cordes qui s’enflamment capte directement la foule qui se condense dans une gerbe de poussière torubillonante dans la fosse.



Les compères ne cherchent pas à révolutionner le genre, mais plutôt à nous partager l’esprit vivant du live fondamental, celui qui donne envie de lever le poing et d’oublier la fournaise qui transforme le pit en brasier.
Pour la suite, on reste à Bordeaux, tout en changeant radicalement d’atmosphère. Altesia pratique une musique presque planante, fondant sa vision introspective sur des structures progressives et des envolées mélodiques.


Oscillant entre univers mysérieux et horrifique, le set contraste fortement avec ce qui a précédé.


Le public se détend, mais n’en reste pas moins captivé. Les regards sont fixés sur la scène, happés par cette proposition plus nuancée, presque cinématographique.


Un set élégant, qui apporte une respiration bienvenue en ce début de journée.
Après un tel répis bien mérité, rien de tel qu’un bon vieux Thrash/Death crasseux pour réveiller ceux qui faisaient un peu de méditation.


Les riffs acérés de Death Decline défèrlent comme une tornade.


La rythmique enragée et les claquements de la batterie métamorphose le pit en ouragan du désert. Les nuques grincent, la poussière s’enflamme, les bottines trépignent.

L’esprit du Metal extrème vient de se réveiller !
Après cette décharge d’adrénaline, Blooming Discord bien nous offrir leur approche plus moderne et subtile du Metal.


Tout en restant incisifs, les riffs sont entraînants, les mélodies sont accrocheuses, et le public se délecte en cadence.


Le set, à la fois mélodique et aiguisé, trouve rapidement écho auprès du public, désormais bien installé devant la scène.


Une découverte intéressante dans mon cas, qui donne envie de les découvrir en détails.
Alors que le soleil persiste à répandre sa lumière incandescente, les ténébres s’abattent sur Cercoux pour la cérémonie obscure de Seth.


Leur Black Metal hypnotique envoie les blasts denses et les riffs pesants d’un rituel sombre et inquiétant.


Le public écoute religieusement, presque envoûté. Le set des Bordelais transforme le site en un espace hors du temps, où chaque riff semble invoquer quelque bestialité ancestrale tumultueuse.


Rien de mieux pour se connecter à la noirceur profonde de la psyché du Metal.
Place ensuite à l’émotion pure avec The Old Dead Tree.


Leur compositions instillent une mélancolie profonde, une intensité sonore qui prend au tripes qui invite à se recentrer.


Les guitares transpercent, le chant frémit, chaque note subtile semble se rapporter à une vision intime,


La pause contemplative porté par ce set de Metal gothique est indubitablement un moment fort de la journée, renforçant la communion du public avec la musique sous cette fournaise qui en faibli pas.
C’est au tour de Vestige de nous prendre sous leur aile.


Point de déferlante sonore sauvage, l’esprit est plus nuancé, avec un Metal moderne vibrant et immersif.


Tissant des ambiances sonores qui s’étendent, les rythmiques montent en tension, explosent lentement, avant de se susprendre en passages envoûtants, telles des vagues qui serrinent leur chant funèbre sans respirer.

Le public se laisse porter dans une transe inéluctable, profitant de ce voyage sonore qui contraste parfaitement avec l’agitation ambiante du festival.
Direction la Norvège, avec Leprous.


Fidèle à la réputation du Metal progressif scandinave, le groupe assène une musique techniquement parfaite, alliant nuance et arrangements complexes.


Alors que la nuit commence à tomber, les musiciens livrent une prestation d’une précision impressionnante, où l’émotion en se laisse jamais écraser par cette avalanche de virtuosité.

La fosse, déjà bien chauffée par les prestations précédentes, se laisse embarquer sans résistance dans cette bulle sonore inspirée..
Enfin, pour conclure magistralement cette première journée, rien de tel que l’Electro-Industrial Metal de Horskh.


Venu de Besançon expressément pour nous faire vriller en cette fin de session, le trio mélange allègrement la transe stroboscopique de l’électro et la puissance du Metal.


Un live d’une intensité presque distopique, agrémentés de martèlements de beats infernaux fait monter la tension d’un cran, surchauffant ce qui reste de vivants dans la fosse.

Ce premier round a posé les fondations pour la suite : diversité de styles, entre énergie, émotion, et transcendance…Et un final intense, qui laisse les festivaliers à la fois épuisés et surexcités, prêts à remettre le couvert après une bonne nuit de sommeil…pour les plus sages en tout cas.