Report par Sabrina M. Lozen – Photography / extrait vidéo kermhit
La cinquième édition du FuriosFest est en passe de démarrer sous le soleil du Cantal. Il est temps pour moi de découvrir enfin ce Fest dont la notoriété grandit petit à petit. Situé à Saint-Flour depuis 2021, c’est en 2024 que se tient la première édition en plein air au niveau du Stade de l’Ander. Se déroulant sur 2 jours, il accueille cette année 16 groupes, allant de groupes émergents à des pointures internationales comme Dark Tranquillity.
L’air est doux mais le cœur des festivaliers est déjà bouillonnant quand les premiers accords résonnent dans le Stade de l’Ander. Allons donc voir ce que nous a concocté l’équipe de Cantal Crossbones, sous l’égide de Christoph Bourry.
Jour 1 – 23/08/2025
Première étape, l’installation au camping ! Contrairement à la majorité des festoches d’été, Saint-Flour ne permet a priori pas d’installer un camping gratuit à proximité du site. Le FuriosFest a donc établi un partenariat avec le camping de la Roche Murat, à quelques kilomètres du festival. Les festivaliers pouvaient ainsi acheter un pass camping (10€ supplémentaires pour les pass 2 jours) pour profiter des espaces aménagés et des commodités adaptées. C’est un confort qui change de côté « sauvage » des habituels campings de fest, mais le surcoût, même relatif, peut être rédhibitoire pour ceux qui, comme moi, ont déjà un budget très serré. Bien sûr, des navettes en bus font la liaison entre le camping et le site du festival. Moins pratique pour ceux qui voudraient aller faire une pause sous leur tente durant la journée, mais on ne peut pas tout avoir.
Bon, c’est pas tout ça, mais il est temps d’aller s’imprégner de l’ambiance sur le site. Une seule scène entourée du Merch et de différents foodtrucks pour tous les goûts. Pas trop grand, le site est vraiment top, avec des coins ombragés disséminés un peu partout. On y circule à l’aise en sirotant une petite bière avant de commencer les hostilités. Allez, on met les bouchons d’oreille et on se lance !
Ask Your Mom ouvre le bal avec une énergie féroce et presque déroutante. Sans chercher à poser trop vite l’atmosphère, le groupe s’impose avec un rock incisif qui chauffe rapidement les esprits.


Les riffs sont francs, directs, et l’ensemble sonne comme un cri cathartique dans l’après-midi encore timide.

Le public, d’abord attentif, lache progressivement prise, hochant la tête en rythme, se rapprochant des barrières. Il y a ce quelque chose de sauvage dans la façon dont la musique tranche l’air, brutale mais jamais gratuite, pleine de vie et de caractère.


Cette édition commence fort.
Arrive ensuite Sweet Needles avec un groove plus lourd, plus appuyé.


Le son heavy-rock des Parisiens est mouvant, presque organique, agrémenté de guitares saturées et de refrains qui s’infiltrent directement sous la peau.


Sans oublier le chanteur possédé qui galvanise la foule sans prendre les formes !


Ce rock puissant trouve un écho instantané auprès d’un public désormais plus dense devant la scène.

Chaque beat résonne comme une impulsion collective qui travaille à rapprocher les corps et les esprits. La fête prend forme !
Lorsque Dätcha Mandala s’empare ensuite de la scène, on se retrouve happé dans un ouragan psychédélique.


Leur metal progressif, presque baroque par instants, enveloppe la fosse d’une aura hypnotique. C’est moins une claque qu’un voyage, une invitation à plonger plus profond dans les strates musicales du festival.


Les contrastes entre lourdeur et légèreté rendent leur performance presque cinématique, comme si chaque note proposait une image, une couleur.

Dans la fosse, on ferme les yeux pour mieux ressentir, happés par un moment qui semble suspendu dans le temps.
Voilà un des mes moments tant attendus, avec la performance de Mercyless !


La prestation des Mulhousiens ramène tout le monde à l’essentiel : le Metal old school, saignant et sans concession !


Le son rugueux projette le public dans une fosse bouillonnante où les headbangs répondent aux hurlements avec la même intensité.

La violence contrôlée de chaque riff, cette manière de frapper sans jamais perdre en musicalité, transforment l’instant en purge salvatrice. Ici, pas de demi-mesure, juste la puissance pure d’un Death organique qui ne se disculpe ni ne se retient.
TARLD (The Amsterdam Red Light District pour les intimes…ah non pardon, c’est l’inverse) fait ensuite monter la tension encore d’un cran.


Plus sombre, plus viscéral, leur son enveloppe la scène d’une atmosphère presque cérémoniale. Les rythmes, pesants et pénétrants, frappent comme des secousses sismiques, et la fosse répond par une énergie presque rituelle.


Il y a quelque chose d’irrésistible dans cette lourdeur palpable, comme si le sol vibrait sous chaque impact de guitare. Le public s’y plonge sans réserve, absorbant chaque tempo comme un battement de cœur partagé.

Le chanteur en profite pour prendre la poudre d’escampette dans la fosse…jusqu’au Merch…initiative laborieuse pour les gars de la Sécu qui doivent gérer les mètres du câble micro au milieu du public. To infinity and beyond !
Quand les compères de Smash Hit Combo déboulent, c’est une décharge d’adrénaline collective.


L’approche allie groove et puissance, la section rythmique martelant des beats qui donnent envie de s’éclater sans retenue.


Les fans répondent instantanément, comme aspirés par ces pulsations sauvages. La performance donne une belle revanche à l’énergie résiduelle du public, réveillant ceux qui étaient restés en retrait et galvanisant les plus proches de la scène.


Un set compact, nerveux, parfait pour secouer les dernières heures de lumière du jour.
Changement littéral d’ambiance, nous voilà projeté dans l’univers de Black Rainbows avec leur Stoner, lourd et enveloppant.


Le son des Italiens, épais et alangui, modifie presque la perception du temps. Sous le soleil qui commençait à décliner, les riffs gorgés de fuzz prennent une dimension presque méditative.


La fosse se calme et se met en mode méditation, vibrant à l’unisson.

On n’est plus dans l’urgence, mais dans une communion lente qui prépare idéalement le terrain pour la tête d’affiche de la soirée.
Pour terminer cette première journée, l’orga a vu les choses en grand, en faisant venir de la Taïga suédoise des pionniers du Death mélo (et un de mes groupes phares !), Dark Tranquillity bien sûr !


Leur présence seule met une tension particulière dans l’air : une attente presque sacrée. Quand les premières notes s’élèvent, c’est le tempo même du festival qui bascule.


Les guitares cristallines et les blasts précis secouent les esprits, rappelant pourquoi le FuriosFest pouvait désormais attirer de tels noms. Le public, déjà chaud, se transforme en une mer de bras levés, de poings serrés et de chants partagés.


C’est massif massif, généreux, et les accords résonnent comme une déclaration : ce festival n’est pas juste un rendez-vous local, il est en train de devenir une adresse incontournable sur la carte du Metal !