Hellfest 2022 – Report WE 1

Hellfest 2022 – 17.18.19 juin – 1er weekend

Dans la chaleur de l’enfer

Texte : Gaël HERVE
Photos : Gaël HERVE pour France Metal

Photographe pour France Metal, je vous raconte mon festival, ses anecdotes, ses petites victoires, ses petites frustrations avec l’oeil et le point de vue du photographe que je suis. 
En substance, loin de moi d’apporter un quelconque jugement de valeur sur les concerts auxquels j’ai pu assister, le temps du photographe et la recherche du cliché ne nous permettent que rarement de pouvoir profiter du set en intégralité. Qui plus est, les « live reports » qui vous expliquent que vous avez tort ou raison d’aimer ce concert parce que le sachant a parlé, très peu pour moi. 

Le report qui suit est donc tout simplement personnel, il vous apprendra peut-être la manière avec laquelle nous autres photographes vivons notre festival. Et pourquoi pas, susciter des vocations ?

Bonne lecture.

Jeudi 16 : back in hell

On l’avait rêvé, fantasmé, attendu.
On avait par deux fois été déçu de son annulation (ou report).
Cette fois c’était la bonne, le célèbre festival clissonnais dédié au musiques extrêmes était bel et bien de retour.
Déjà depuis plusieurs mois l’agitation avait pris place sur le site du Hellfest. En effet, il faut savoir qu’on compte pas loin de deux mois après fermeture du site au public pour effectuer l’ensemble des opérations de préparation et de montage nécessaires à la tenue du festival.

Le nouveau parvis

Depuis plusieurs semaines déjà les yeux s’étaient posés sur les prévisions météo car comme chaque année, de ce facteur dépend grandement l’expérience du festivalier. A quelques jours de l’ouverture des portes, le verdict semble désomais ineluctable : il va faire chaud. Il va même faire très chaud.
Oubliée l’édition de 2014 avec ses 30 degrés et ses nuages de poussières.
Balayée l’édition de 2017 avec sa pointe à 33 degrés et la rupture d’alimentation en eau due à une demande trop forte et non anticipée.

Le changement climatique est désormais en marche et c’est une édition avec deux journées à plus de 37 degrés qui sont programmées. Autant dire que c’est la grande inconnue à ce stade pour les organismes.

La première épreuve du festivalier sera de se garer et d’accéder au site du camping avec tout son bardas (parfois de quoi tenir sur 10 jours pour ceux qui resteront sur le site durant les deux éditions). Et là premier couac. La grande nouveauté qui fait perdre tous ses repères au festivalier qui a ses petites habitudes, ce sont les nouveaux parkings.

Fini le stationnement anarchique dans les rues de Clisson, surtout avec un étalement sur deux semaines. Un immense parking a donc été aménagé à l’ouest pas loin de Mouzillon sur la route du Pallet, duquel on accède en 6 minutes au rond point de la guitare. 6 minutes c’est bien. C’est hors temps d’attente pour embarquer. Des files interminables, des attentes en plein cagnard parfois plus d’une heure (j’ai entendu parler de 2h parfois …).

J’ai pour ma part opté pour la sécurité en allant m’installer au parking Est. Situé pas loin du Super U à Gétigné, il n’est pas desservi par une navette et donc on connait à l’avance le temps qu’il nous faut pour aller et venir entre le parking et le site du festival.

J’en profite pour m’étonner fortement de l’absence quasi totale d’anticipation de la part du Super U de Gétigné pour capter cette énorme opportnuité d’avoir enfin de nombreux festivaliers installés dans son secteur. Aucune animation, aucune appropriation de l’événement, rien de concret pour garder ou attirer le festivalier dans le secteur. Quand on voit les efforts faits par le Leclerc à l’autre bout de Clisson, certes mieux placé, on aurait pu penser que le concurrent de Gétigné aurait pu tirer profit des nouveaux parkings. Gageons que cela sera pour l’an prochain.
Au final une fois installé devant le super U le jeudi, je suis allé voir des concerts et boire des bières au Leclerc.

Accès au site depuis le parking Est

Leclerc Clisson : le OFF

Depuis maintenant plusieurs années, le Leclerc de Clisson organise son petit festival OFF pour le plus grand plaisir des festivaliers. Force est de constater que le déménagement des parkings et la construction d’une station service sur feu le P1B n’auront pas eu d’incidence visible sur la fréquentation. C’est donc ici que je passerai patienter avant d’aller à la pose bracelet, l’occasion d’aller chauffer l’appareil photo avec un petit shooting des copains de MIND WHISPERS.

Une fois installé au parking ou au camping selon son choix vient le temps de la seconde attente en plein soleil : la pose bracelet. En plein cagnard à 16 heures, le soleil s’en donne à coeur joie pour griller les peaux nordiques peu protégées.
Au final beaucoup de monde mais ça passe. La fluidité de la pose bracelet et de l’accès en général en ont quand même beacoup gagné, sauf pour la partie VIP-Presse.
En effet, 4 guichets seulement ouverts pour les nombreux journalistes, photographes etc et un seul qui leur est dédié, les autres s’occupant des « upgrades VIP », ce concept particulier permettant à des gens qui ne font rien de spécial pour le festival de s’acheter un statut social et de venir peupler une zone presse qui n’a plus grand chose de dédié-presse si on en juge par la proportion de gens présents qui ne semblent pas travailler.
A tel point qu’il est difficile de venir se reposer à cet endroit en journée quand on a promené ses 10 kgs de matos sous 40° puisque toutes les places à l’ombre, tables ou chaises sont occupées par ces personnes qui pour certaines ne doivent pas assister à beaucoup de concerts. Fin du coup de gueule.

Une fois le Graal en poche (ou plutôt autour du poignet) il est temps de se laisser aller à l’unique soirée off du festival, l’espace concert étant fermé. Comme chaque année je décide donc de mettre à profit ce moment pour retrouver des gens que je n’ai pour certains pas vus depuis 3 ans.

Un apéro impérial

Soirée OFF ? Vraiment ? C’est compliqué quand on connait plein de monde, qu’on est un des locaux de l’étape et qu’on promène quand même son appareil photo. La soirée sera donc tout de même l’occasion d’aller faire un petit shooting sur le camping pour le désormais cultissime apéro impérial organisé par les Stromtroopers du Hellfest Cult, le fan club du festival. Retrouvailles et franche camaraderie, une mise en bouche qui fait du bien.

Le Fan club HFC

Un court passage au metal corner me laisse voir le chambardement important que l’endroit a subi (voir mon autre article à ce sujet sur les nouveautés du site).

Je décide alors d’aller découvrir la Fan Zone du festival. Cette Fan Zone est réservée aux membres du Fan Club, le Hellfest Cult qui existe depuis maintenant 8 saisons.
De nouveaux aménagements et un excellent concert lors de mon passage avec SOLDIER SIDE. Cette année, l’espace scénique a été réduit au bénéfice d’un espace bien être.

Quelques photos pour se faire une idée.

Des pirates sur la Hell Stage

Et pour finir cette petite mise en bouche précédant l’ouverture officielle, je décide de repasser par le Hell City Square (pas bien le choix en même temps) et j’arrive sur une place noire de monde et chauffée à blanc.
Normal, ce sont les locaux de MORMIEBEN qui sont en train de souquer ferme sur la Hell Stage. Occasion immanquable donc d’aller immortaliser la prestation de nos pirates du vignoble nantais, en pleine communion avec un public certes conquis d’avance mais chaud comme la braise (ou comme un pirate qui s’est sifflé une bonne bouteille de rhum).

Morceaux choisis.

Et ce sera tout pour ce jeudi soir, il faut bien se garder des forces pour le lendemain et les jours suivants. Il faisait chaud ce soir mais on sait déjà qu’il nous faudra supporter 6 à 8 degrés de plus le vendredi et le samedi.


Vendredi 17 : a scorching sun in Hell

 

Vendredi matin, il fait déjà relativement chaud lorsque je m’équipe pour me rendre sur le site.

Il faut bien imaginer qu’un photographe qui couvre l’événement est chargé de quelques babioles.

Dans mon cas c’est un harnais, deux boitiers chaussés (24-70 et 70-200), un sac à dos avec les autres objectifs, lens pen, chargeurs, et bien sur crême solaire.

Le tout pour un poids qui doit avoisiner les 10 kg.

 

In Other Climes

Mon premier concert de l’année au Hellfest sera sur la Warzone avec In Other Climes.
Un groupe que j’avais eu l’occasion de shooter il y a (forcément) quelques années lors de leur passage à l’Amarok Fest. Soit dit en passant, ce petit festival est en difficulté, si vous voulez les soutenir vous pouvez acheter un T-Shirt ici : merch Amarok ou bien faire un don ici : don Amarok, merci pour eux.

Le line up de ce group bien hardcore punk a quelque peu changé depuis mais l’énergie est quant à elle absolument intacte. Pas encore une foule extraordinaire sur la Warzone, on circule bien, les premiers moshpits se mettent en place, c’est bonenfant, on sent que le plaisir est intact, la foi est toujours en vie, cette édition sera bonne.

Greenleaf

Direction la scène THE VALLEY. J’avoue c’est une des scènes sur lesquelles vous avez le plus de chances de me croiser, question d’affinité musicale dirons nous.
Le client du matin n’est autre que Greenleaf, groupe que j’affectionne particulièrement et que je n’avais pas vu depuis un moment.

Découverts en 2015 sur un tout petit festival local le Crumble Fest, j’avais eu depuis l’occasion d’apprécier leurs prestations sur plusieurs scènes comme le Ferrailleur par exemple.

Forts d’un nouvel album « echoes from a mass » sorti en 2021, le groupe attentdait impatiemment la reprise des festivals pour défendre son opus. Pari plutot réussi, Greenleaf est une valeur sure qui déçoit rarement, même si j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans étrangement, certainement un effet de chauffe de début de festival.

A noter que Greenleaf vient d’être annoncé pour novembre au Westill Fest à Vallet (44).

Elder

Retour sur la Valley en ce début d’après midi pour assister au show des ricains de ELDER. Les patrons du genre en somme. Seront-ils au rendez vous ?

Indéniablement la réponse est oui. Elder, c’est la grande classe, c’est la mandale psychédélique et massive à la fois qui déferle sous la tente à grands coup de riffs assénés au bulldozer. J’étais pas prêt. Pas de temps mort, les titres s’enchaînent (pas si nombreux car le set est court est les titres assez longs), c’est du pur bonheur. Je ne suis probablement pas super objectif mais ce sera pour moi la première bonne claque du weekend. Et il y en aura d’autres.

Seth

Changement radical d’ambiance et de style en ne faisant pourtant que quelques pas pour me rendre sous la Temple. L’antre du black metal et du folk metal est en effet située tout près de la Valley.
Le black metal est une discipline que l’on associe allègrement à la Scandinavie, Finlande ou plus particulièrement la Norvège.
Une légende coriace affirme même que l’activité principale des gardes forestiers norvégiens consisterait à récupérer les membres des groupes de black metal norvégiens égarés dans la forêt au cours du tournage de leur clip… Info ? Intox ? Nous ne le savons pas 😉

Pour autant, le black metal « made in France » se porte lui aussi plutot bien. Avec de nombreux groupes plus ou moins connus, des univers parfois différents certes, mais l’offre est là, riche et qualitative. Et parmi ces groupes, les bordelais de Seth font partie de ceux qui tirent la discipline vers la haut. Que ce soit au niveau scénique ou musical, tout y est.

Avec un set de 45 mn faisant la part belle au dernier album « la morsure du christ » sorti l’an dernier, la communion avec le public est totale et le concert s’achève devant une Temple comble.

On ne va pas se mentir, être photographe sur un set de Seth est un pur bonheur visuel. Malheureusement on doit souvent se contenter d’un unique morceau pour faire notre prise de vue, nombre de photographes oblige, ce qui limite le résultat (de nombreuses autres mises en scène valaient le détour, je vous invite à consulter les pages photos d’autres photographes passés sur les morceaux suivants) Je vous laisse profiter de ces quelques photos souvenir, prises sur le début du set(h).

Frank Carter and the rattlesnakes

Après une petite pause bien méritée, me voilà en train de patienter à l’entrée du pit photo pour aller shooter Monsieur Frank Carter et sa bande de serpents à sonnettes. Cette année, contrairement à son dernier passage sur la Warzone en 2017, c’est sur la Mainstage 1 qu’il délivre son set enragé.

Pour avoir déjà shooté le phénomène à plusieurs reprises, on sait qu’il faut être vif pour le saisir lors de ses multiples incartades dans le public (voire sur le public). Mauvais timing pour moi cette année, l’animal se jette à corps perdus dans la foule alors que je suis encore en train de faire la queue pour accéder au terrain de jeu, et il sera plutot sage lors de mon passage. Là encore, la caractère aléatoire du morceau unique sur lequel on peut shooter influe totalement sur le résultat. Mais c’est le jeu.

Le set de Frank Carter est marqué par ses titres bien sur, mais comme souvent surtout par ses propos engagés, notamment pour la cause féminine, il organise un circle pit « ladies only » qui mérite d’être signalé. Visuellement l’ami Frank reste une pile électrique qu’il est parfois difficile à attraper avec une focale longue mais dont on sait qu’on peut toujours sortir quelques belles photos

Black Mountain

J’enchaîne après l’ami Frank en me rendant sous la Valley pour assister au set de Black Mountain.
Attiré par l’aspect psychédélique de la description du groupe trouvée sur l’application du festival, j’avoue avoir été un brin surpris par le set délivré et je dois même avouer être resté sur ma faim.

J’ai trouvé (c’est personnel) très difficile de rentrer dans l’univers du groupe, cela sonnait creux et mou, visuellement la chanteuse balançait son buste de droite à gauche comme un métronome tournant à 40 bpm comme unique expression scénique, en agitant parfois un tambourin ou un maracas.

Au final, peu d’intérêt ressenti tant au niveau musical que visuel. Première déception du festival donc pour ma part.

The Offspring

En cette fin d’après midi, la température est à son maximum avec 37°, les organismes sont soumis à rude épreuve, les festivaliers se surprennent à constater qu’ils ont bu d’avantage d’eau que de bière aujourd’hui (et vidangé 4 fois moins que d’habitude !). C’est le moment que je choisis pour me faire une petite séquence nostalgie.

The Offspring, groupe phare de mes jeunes années inondait la bande FM de ses tubes « pop punk » dans les années 90 avec deux sorties cultes que sont les albums « Smash » et « Americana ».

Hé bien le set d’aujourd’hui donnait environ 60% des titres sur ces deux albums justement. Autant vous dire que l’ado qui sommeillait (pas beaucoup) en moi comme en de nombreux quarantenaires n’a pas mis longtemps à se réveiller.

Dexter et Noodles ont certes bien vieilli, mais franchement la voix est en place, les riffs aussi et on se surprend à replonger illico dans les nineties au son de « Come out and play », « Why don’t you get a job » ou encore « Self Esteem ». On croise même en sortant du pit photo de nombreux festivaliers jusque dans le bois qui déambulent en chantonnant les paroles.

On ressort de là avec le sourire jusqu’au oreilles.
Pari réussi pour The Offspring dont le dernier passage à Clisson datait de 2016.

Dropkick Murphy’s

Après une petite pause (oui il faut bien boire et manger parfois et d’ailleurs la première bière de cette journée vers 19 heures s’avéra être une pure délectation), me revoilà en direction de la mainstage pour assister au show des Dropkick Murphy’s. J’ai oublié d’anticiper, j’aurais du commander une Guinness pour l’occasion.

Qu’importe, les plus irlandais des bostoniens sont bien là, au milieu de leur tournée européenne, et même si ce sont des habitués des lieux il me semblait impossible de les rater. Non pas qu’on aille y chercher la plus pure perfection technique ou vocale, mais juste parce que ce groupe délivre un condensé de bonne humeur et d’énergie en une heure et qu’il serait dommage de s’en priver.

Lorsque retentissent les notes de la version  « Sinead o’Connor » de « The foggy dew », la foule s’enflamme et le groupe entre en scène. La grosse surprise c’est que le front man Al Barr est absent pour raison familiale et que le pauvre Ken Casey doit à lui seul chanter les répliques des chansons qui sont assez souvent faites en mode « ping pong » entre les deux chanteurs.

N’intégrant pas forcément cette nouvelle donnée dans son jeu de scène hystérique au début, le pauvre va vite donner l’impression de s’essoufler. Au bout de quelques morceaux, tout ça se met en place, les instrumentistes sont au top (Brennan à l’accordéon en particulier) et le public entame ses slams et autres circle pits. La communion est lancée. Sans rentrer dans le détail, le set fait la part belle au dernier album « Turn up that dial » et étonnamment n’inclut aucun morceau de « 11 short stories of pain and glory » !

En bonus, le groupe confirme la sortie prochain d’un nouvel opus dont 1 titre à l’air plutot consensuel sera joué devant le public déjà conquis.

On notera en outre une reprise de « TNT » d’AC/DC pour le moins étonnante mais qui est passée « crême » comme on dit, avant de terminer sur l’inévitable « shipping up to Boston » !

Au final, pas sur que la prestation soit leur meilleure du fait d’un line-up modifié mais on en ressort comme à chaque fois avec le sourire. Je suis dans l’attente de revoir la formation en février 2023 au zénith de Nantes avec Al Barr et le nouvel album. See you there. Til then, Sláinte !

Electric Wizard

Les têtes d’affiche du festival sont souvent soumises à des restrictions de prise de vues. C’est un fait. Parfois, un groupe qui n’en avait pas lors de la dernière édition décide d’un seul coup qu’il est devenu suffisamment notable pour choisir de restreindre le panel des photographes qui pourront les prendre en photos. C’est le cas de Deftones par exemple, que je n’aurai pas pu shooter alors qu’en 2019 il n’avait posé aucun souci. Dans les faits, ces décisions sont dues au management qu’aux groupes eux mêmes. Un besoin profond d’exister exprimé de la sorte peut-être ?

Idem pour FFDP qui impose des restrictions photos en limitant les élus à la couleur de leur pass (comprenez le niveau de priorité, appliqué en Mainstage) ou parfois à des listes nominatives. Dans un cas comme dans l’autre, je n’aurai pas été habilité à les mettre sur ma carte SD. Tant mieux pour la recette du bar. Je passerai donc ma soirée à shooter les infrastructures, les festivaliers et à boire des bières.

Ce n’est donc que tardivement que je me décide à assister à un dernier concert de ce vendredi, et ce sera Electric Wizard sous la Valley bien sur.

La température a chuté bien que sous la tente l’atmosphère soit encore lourde, ce qui au fond colle assez bien au groupe et à son atmosphère doomesque.

L’ambiance est rouge, quasiment monochrome et estompe tous les contrastes, c’est une atmosphère qui oscille entre psychédélique, pachydernique, et une perception des couleurs altérée (voire même parfois des doutes sur ma mise au point) et pourtant sans avoir consommé de substances illicites …

Les morceaux et les riffs s’enchaînent une heure durant, c’est absolument parfait pour planer et lentement redescendre et reprendre la route du parking Est, à 20 mn de marche. A demain.


Samedi 18 juin : the hottest day in Hell ever !

Nous voilà donc samedi. Ce jour est anoncé comme le plus chaud du festival, voire même le plus chaud de toute l’histoire du festival (enfin, pour l’instant!).
J’opte donc en rupture pour une tenue blanche, sait-on jamais, si cela permet de repousser quelques rayons lumineux ne nous en privons pas.
Passé le petit-déjeuner et le chargement du bardas sur les épaules, me voilà reparti pour le second jour de concerts. Je sais qu’aujourd’hui encore il faudra boire de l’eau. Beaucoup d’eau. On prie pour que les réserves et le château d’eau tiennent bon, on a encore 2017 en tête et il faisait moins chaud.

On apprend que le festival a décidé d’autoriser les gourdes et bouteilles d’eau mêmes fermées je m’empresse donc d’ajouter ma bouteille à mon chargement et je me mets en route.

Grade 2

J’arrive sur le site et attaque ma journée là encore avec la Warzone. Ce sont les britanniques de Grade 2 qui jouent.

Du punk bien énervé pour l’heure matinale avec un set centré sur les deux derniers albums « Graveyard Island » et « Break the routine ». C’est joyeux, ça gigote, ça envoie, ça sonne vraiment très britannique avec une vraie pointe d’Old School, j’y entends parfois des relents de Sex Pistols dans la mélodie !

Une attque parfaite pour décrasser les conduits auditifs et faire digérer les 3 cafés du matin. Les titres, très courts comme souvent dans le style, s’enchaînent sans pause avec une énergie folle.
Merci les gars, on enchaîne déjà mais vous m’avez donné le smile.

Duel

Direction la Valley où les américains de DUEL (Dueltexas sur les réseaux si vous les cherchez) sont décidés à en découdre malgré l’heure matinale (bon ok il est quand même 11h40).

Changement radical de style avec le concert précédent, j’avais à coeur de les voir et de les entendre et je ne suis pas déçu. Le set est certes court mais percutant, incisif, c’est du stoner burné, bien tranchant et la voix du chanteur (qui me rappelle parfois Clutch dans ses parties vocales rauques) s’impose à tous. Difficile de classer et de mettre des étiquettes, je dirais qu’on est dans du heavy stoner avec des pointes allant emprunter aux courants psyché comme au hard rock plus classique.

Toujours est-il que la mayonnaise prend vraiment bien, le public de la valley ne s’y trompe pas et dodeline joyeusement de la tête… Je valide la première bonne claque de la journée avec nos amis texans.

Helheim

Après une petite pause aux robinets (je ferai ce type de pause environ 34 fois dans la journée) et un passage à l’espace presse je reviens sur le site. Un concert se prépare sous la Temple et je n’avais pas particulièrement prévu d’y assister. Mais voilà, le Hellfest ce n’est pas uniquement suivre sa feuille de route et de rien découvrir.

Non, bien au coutraire, n’ayant pas la science infuse en metal, je m’aventure lors de chaque édition à des concerts « au hasard », sans préparation aucune, juste comme ça en passant, en mode pourquoi pas.

C’est ainsi que j’arrive sur le set de Helheim (notez qu’il n’y a qu’un seul L alors qu’on est très tenté d’y voir le mot Hell anglais seulement volà Helheim ils ne sont pas anglais mais norvégiens donc rien à voir). Difficile donc de parler d’un groupe avec une posture d’expert quand on ne le connait pas mais après tout, un live report doit il toujours avoir cette vision d’omniscience déversée aux incrédules et aux masses d’incultes ? Je ne pense pas. Un concert peut se vivre et s’apprécier sans pour autant avoir une vision technique ni décortiquer album par album la setlist. On peut aimer conduire une Ferrari sans savoir comment fonctionne son moteur après tout non ? J’aime particulièrement apprécier la musique de façon globale, avec une approche sensorielle avant tout.

C’est ce que j’ai fait sur ce concert. Et j’ai aimé ça. Je suis passé shooter le groupe dès le début c’est à dire sur le morceau WoduridaR, issu du dernier album du même nom (j’ai fait quelques recherches quand même hein). J’ai aimé l’ambiance, certes classique d’un black norvégien mais qui immédiatement me transporte 3000 km au nord de Clisson au confins de forêts enneigées et de Fjords glacés. Efficace, plaisant, qui donne envie de revenir découvrir plus avant le groupe. N’est ce pas là la recette d’une découverte réussie ? N’est ce pas là ce qu’on attend d’un festival ?

Perconnellement oui et c’est donc avec plaisir que je récouterai Helheim.

Me and the man

Après la découverte précédente, le concert suivant faisait plutôt office de « must-see » ou tout au moins de curiosité. Car l’un de ses protagonistes est loin d’être un illustre inconnu.

Me and that man en effet est le projet « dark-folk » de Adam Darski, polonais de son état, et probablement plus connu sous le nom de « Nergal » dans un registre un brin plus « black metal » et peinturluré, à tel point qu’il serait possible de passer à côté de l’intéressé sans même le reconnaitre.

Et pour une curiosité c’était vraiment une curiosité. Vraiment particulier de voir Darski dans ce registre. Le groupe est bien en place et prend manifestement du plaisir à jouer. Darski n’est pas particulièrement au chant mais quoi qu’il en soit on voit que c’est lui la star. Une posture du guitariste star un peu comme peut l’être Angus Young au sein d’AC/DC. Le set est plaisant et alterne les morceaux folk quasi acoustiques avec des envolées plus heavy / rock. C’est agréable mais on en vient tout de même à se demander quelle serait l’affluence du même groupe proposant la même musique à cette heure si le nom de « Nergal » n’avait pas attiré les foules. Car la Valley est pleine à craquer et il n’est que 14h30.

Probablement moins mais il est dit que certains artistes attirent d’avantage par leur notoriété, même si le talent de A.Darski est indéniable, je reste persuadé de l’effet « happening » sur l’affluence.

Qu’importe, on aura tous passé un bon moment et c’est au fond bien cela l’essentiel.

 

The Vintage Caravan

Il est maintenant près de 16 heures, la température sur le site devient vraiment étouffante avec près de 38° et après plusieurs nouveaux passages au stand H20 me voilà en place pour mon « immanquable » de la journée. Hors de question quoi qu’il arrive de rater mes chouchous islandais de The Vintage Caravan.

Peut être ne suis-je pas objectif (c’est ennuyeux pour un photographe) mais je considère ces 3 là comme des petits prodiges. Il faut quand même se rendre compte que le chanteur icônique de cette formation n’avait que 12 ans quand il a formé le groupe. Même si les choses sérieuses n’ont commencé que quelques années plus tard, les 3 amis n’en ont pas moins démarré les tournées mondiales alors qu’ils étaient à peine partis de chez leurs parents. Une anecdote dit d’ailleurs qu’à l’occasion de leurs premiers concerts il leur fallait une autorisation parentale pour quitter l’Islande et se produire à l’étranger !

Pour avoir pu les rencontrer il y a quelques années, les garçons sont en plus absolument adorables et très accessibles. Mais parlons plutot musique.

Car il ne faut pas juste écouter The Vintage Caravan. Il faut les voir, il faut vivre un de leurs concerts, il faut voir la transe monter petit à petit (enfin très vite quand même) et s’emparer de Oskar Augustsson qui part en osmose avec son manche de guitare pour le plus grand plaisir de nos oreilles, au prix de mimiques faciales dont lui seul a le secret.

Ayant sorti un album l’an dernier (monuments), le groupe fait une bonne place à celui ci dans la set list, sans oublier de bon vieux classiques comme « on the run ». Petite déception de ne pas avoir entendu « babylon » mais le set est court et les années passant il faut bien faire de la place aux nouveautés.

La vague psyché qui déferle sur la Valley n’a d’égale que la transe dans laquelle se trouve le public, sonné après 1 heure de riffs et de communion avec le trio « made in Iceland ».
Un  grand moment, comme toujours, j’ai beau chercher, jamais encore je n’ai été déçu d’une prestation de The Vintage Caravan. Et ce n’est pas aujourd’hui que cela va commencer.

Merci Oskar et ta bande, merci. Vous êtes des génies et on adore ça. J’ai hâte de vous revoir le 7 octobre au Ferrailleur à Nantes !

Alestorm

Le temps de me remettre de la claque islandaise, je me réhydrate (encore) et reçois un appel.

Aujourd’hui est un jour particulier pour moi puisque j’ai mon fiston qui fait son premier hellfest et qui vient d’arriver. Et lui je le sais il veut voir Alestorm. Alors en bon papa, j’ai décidé d’aller shooter son groupe fétiche.

Non pas que je n’y serais pas forcément allé spontanément, mais j’avoue qu’il est à ce moment là plus enviable d’aller se coller à l’ombre que d’aller patienter en plein cagnard pour accéder au pit photo de la Mainstage.

Pas question d’aller shooter depuis le public, la durée de vie moyenne d’un appareil photo en milieu aquatique pirate écossais étant de moins de 2 minutes.

Une autre raison qui dissuade d’aller shooter depuis le public, c’est l’usage important des lances à incendies destinées à raffraichir le public. Pas forcément autant apprécié par un appareil photo que par un festivalier en surchauffe.

C’est donc bien depuis le pit que j’irai photographier nos amis écossais.

Le temps d’un petit selfie avec fiston et c’est parti.

Pas de préchauffe avec Alestorm, c’est au son de Keelhauled que le set démarre, on est à peine en place que l’ambiance folle est déjà en train de prendre malgré la chaleur, que tout le monde semble instantanément oublier. Il fait à cet instant un peu plus de 39°, on est au maximum de température enregistrée sur un Hellfest.

Les écossais envoient leur recette habituelle, faite de musique accordéonisante, rythmée de textes imbibés de bière, de rhum surtout, et de voyages à travers les mers du monde, ainsi que de grandes expéditions ou batailles.

L’équipage n’a pas chômé durant les confinement puisqu’un album était sorti en 2020 et que le tout nouveau sortait la semaine suivant le Hellfest. L’occasion malgré tout d’en glisser une petite promotion et de nous faire écouter en avance deux morceaux, qui ne dénotent en aucun point de ce qu’on peut attendre d’Alestorm (Magellan’s expedition et Party).

Le canard géant mascotte du groupe trône fièrement derrière les claviers, les guitares et le chanteur en grande forme aujourd’hui. Ambiance un brin surréaliste pour les primo-hellfest j’imagine, mais absolument normale pour quiconque a déjà assisté à un concert d’Alestorm.

Très bon moment, le fiston est ravi, je l’ai entrevu proche de la crash barrier. La papa aussi est ravi, le Hellfest ce sont aussi ces petits moments de bonheur et de partage.

Je termine le set des pirates avec une vue panoramique sur le site depuis le haut de la grande roue. La vue dpuis la haut, le canard géant, les mouvements de foule ont tout de même quelque chose de magique et d’impressionnant à la fois. On se dit que peu importe la chaleur, qu’est ce que toutes ces conneries nous avaient manqué.

Ensiferum

Le set d’Alestorm aura eu raison d’une bonne partie de mon énergie.
Passé le concert, je retourne à l’espace presse me poser et me désaltérer un peu. Les 40° rendent les transhumances à travers le site chargé de mes 10 kg de matos un brin pénibles.  La température commence enfin doucement à baisser. L’occasion de se raffraichir au VIP et de se laisser tenter par la première bière de la journée (la faute à mes collègues photographe bien sur, n’est ce pas Pascal et Corentin !?)

Sans surprise cette première biere est une délectation, à tel point que je pourrais en faire un live report mais je pense que nous nous égarons.

L’essentiel étant d’avoir repris un peu de force, trouvé un brin de repos (malgré les touristes du VIP qui squattent les chaises dont j’ai rêvé l’après midi entière) et vers 20 heures passées je me décide enfin avec mes compères à me rendre sur les lieux du concert de Ensiferum.

Les finlandais font du Ensiferum, pas de grosse surprise, que ce soit dans les morceaux ou dans le visuel, il est vrai que le renouvellement n’est pas forcément flagrant. C’est parfait pour tous les festivaliers qui découvrent le groupe , il sont nombreux d’ailleurs car les nouvelles générations de festivaliers prennent progressivement possession du terrain de jeu. Pour les plus anciens, un concert d’Ensiferum ressemble à s’y méprendre à un autre concert d’Ensiferum.

On se surprend tout de même toujours à hocher la tête et à apprécier les notes de « in my sword I trust » parce ce que morceau est à Ensiferum ce que « l’aventurier » est à Indochine. Malgré tout c’est en milieu de set que le morceau passera et pas à la fin, je dirai donc que ma seule surprise du set résidera en ce choix.

Bon moment malgré tout, et on file déjà se placer pour attraper la bande à Mr Green sur l’Altar juste à côté.

Sepultura

Le set de la formation brésilienne aura été (du point de vue du photographe) un des plus expéditifs de mon Hellfest.

Une entrée dans le pit un peu poussive, le temps de se mettre en place, une lumière très sombre dans une ambiance rouge difficile à capter bien que parfaitement adaptée à la musique, le temps d’ajuster quelques shoots et hop, dehors !

Frustrant. D’autant le Derrick Green parait être dans un forme olympique. Toujours aussi impressionnant, la carrure moulée par son T-shirt Sea Shepherd, le molosse donne de la voix et fait les cent pas sur la scène. Le public répond présent, la tente altar est pleine à craquer.

Autant dire qu’une fois évacués par la Temple, il nous est difficile de nous replacer pour suivre le set avec attention. C’est donc plutot en mode « audio » fond de salle, voire sur les écrans extérieurs qu’on pourra se faire une idée de la performance du groupe, qui me semble énorme.

Quelques photos attrapées au vol.

Skáld

La fatigue se fait de plus en plus sentir, la plus chaude journée a été rude, aussi je décide de me préserver un peu et d’aller voir un dernier concert sous la Temple avec le néo folk à la sauce scandinave made in France de Skáld.

Quelques grammes de tendresse après une journée de brute. Le groupe, privé de sa chanteuse habituelle Justine Galmiche a priori souffrante, a trouvé une remplaçante parfaite en la personne de « Chaos Heidi » qui fait merveille au chant.

Parfois critiqué par la presse pour être un « groupe de casting », Skáld nous plonge pourtant bel et bien dans un univers ancien et onirique, parfois à la lisière du chamanique. On ressent le doux mélange de la vie du temps des vikings, guerriers barbares et artistes à la fois, grands bâtisseurs, marins et intellectuels autant que guerriers sanguinaires.

Chanté en « vieux norrois », ou tout au moins de son héritage connu (la dernière personne native ayant parlé une langue héritée du vieux norrois s’étant éteinte en 1850 aux Shetland).

L’ambiance qui en résulte est plaisante, planante, je m’y perds avec un certain plaisir comme pour laisser retomber le niveau d’énergie de cette dure journée. Les ryhtmes me prennent aux tripes comme à chaque fois, le visuel est toujours aussi beau, les lumières sont divines.

Je finirai ma journée sur ce beau set, apaisé et détendu.

Je n’irai pas voir Ghost, pas d’autorisation de shoot, pas le courage, et puis envie de rentrer avant la pluie annoncée qui doit casser la vague de chaleur.

Elle commencera à tomber pendant mon retour, choix stratégique payant de ma part pour ne pas rentrer trempé. A demain.


Dimanche 19 juin : sunday (almost) chilly sunday

Harrassé par la veille, je dors comme un bébé dans ma voiture et me réveille tardivement, le temps d’un petit déjeuner sur Gétigné et me voilà sur la route pour le site.

Les organismes ont été rudement attaqués depuis deux jours avec des températures maximales de 37° le vendredi et de 39.5° le samedi. C’est donc avec un certain plaisir et une impression (relative) de fraîcheur que j’envisage les 26° attendus ce dimanche.

Kontrust

Lorsque j’arrive sur l’espace concerts, mon oreille est attirée par une musique festive et joyeuse qui vient de la mainstage. Visiblement assez tranquille en cette matinée enfin fraîche, le pit photo est encore accessible, me voilà donc parti faire mon premier shooting concert.

Instantanément une impression d’avoir un sourire idiot gravé sur mon visage me prend, la musique est assez irrésistible et les membres du groupe s’en donnent à coeur joie en allant et venant de part et d’autre de la mainstage. Le groupe, c’est Kontrust. Impossible à rater, le backdrop avec le nom derrière est juste énorme.

Ils nous viennt d’Autriche et la chanteuse est un mélange de poupée et de tyrolienne avec une once de rage dans la voix et branchée sur du 4000 volts.

Musicalement, la mixture est assez indescriptible… un mélange de metal, reock, de pop, de musique traditionnelle et parfois même d’electro ou des accents ragga dans les voix masculines. Vous prenez tout ça, vous mélangez vous agitez et vous obtenez Kontrust. Personnellement je suis entré dans le pit sur le titre « the butterfly defect », que je trouve très représentatif du groupe (c’est à dire complétement barré).

Découverte du matin made in Austria pour ma part, j’ai trouvé cela particulièrement plaisant et décalé.

Pénitence Onirique

Parfois on est en tant que photographe confronté au dilemme de faire des photos de deux concerts simultanés. Il faut donc savoir splitter le temps en deux et trouver la stratégie qui permet d’accéder aux deux pits photos au cours du set tout en essayant de se préserver un temps pour profiter du show.

Parfois cette course est également l’occasion d’un grand écart stylistique.

C’est à peu près le grand écart maximal qui m’est arrivé ce dimanche, un grand écart qui ferait rougir Bruce Lee ! Imaginez passer en 5 mn du jovial metal tyrolien de Kontrust à l’ambiance sombre et aux visuels enfumés et masqués de Pénitence Onirique.

Changement radical d’ambiance donc, mais on s’adapte vite et l’immersion est facilitée par un visuel toujours aussi efficaces, les ombres sortent de la fumée au son lugubre de la musique, les backdrops latéraux caractéristiques reconnaissables de P.O. sont un repère dans l’obscurité. Les masques et les costumes de Pénitence Onirique sont toujours aussi beaux et par la même photogéniques. Le set est court, comme souvent le matin mais avec avec un plaisir certain que je ressors de la Temple.

Sortilège

Retour sur les mainstages pour aller voir une légende des années 80. Le groupe Sortilège était donc là sur la scène du Hellfest. En tout cas, son leader Zouille.

Rappelons que le groupe a pour l’essentiel officié au début des années 80 (81-86) avant de se dissoudre et de se reformer bien plus tard, en 2019. Le nouveau line-up avec les musiciens présents aujourd’hui est quant à lui encore plus récent puisque globalament arrêté courant d’année dernière en 2021.

C’est toujours un peu difficile de savoir si on assiste bien à un concert d’un groupe qu’on a connu à l’époque quand il ne reste plus qu’un seul membre, quand bien même fondateur. Je laisse la réponse à cette question à tout un chacun. N’ayant pas vraiment connu le groupe à l’époque, je ne me suis pas posé la question. J’ai reconnu Bruno Ramos ex-Manigance parmi les musiciens que j’avais pu shooter il y a quelques années au Ferrailleur à Nantes. Mais à part Zouille, tout le monde est nouveau.

Quand on pense à certains groupes qui ont un autre nom en étant composé de 2 ou 3 membres d’un autre groupe, cela interroge tout de même (ex : the Atomic Bitchwax à 2/3 membres de Monster Magnet).

Toujours est-il que les fans sont bien là, que les musiciens prennent visiblement du plaisir sur scène et que l’échange avec le public a bien lieu. Après tout, what else ?

Retour en images.

Lacuna Coil

Je décide de rester sur les mainstages, le temps est agréable et presque frais. Il est 13h30 et c’est le set de Lacuna Coil qui va démarrer. Un groupe que je n’ai encore jamais eu l’occasion de shooter, c’est donc l’occasion d’une première fois et cela ne se refuse pas.

Le face à face avec la belle Cristina Scabbia est pour le moins plaisant. La belle italienne dégage un charisme indéniable sur scène, surtout à cette distance.

Pas de grosse nouveauté à signaler encore chez Lacuna Coil qui envoie son metal gothique puissant et efficace à la face d’un public comblé (et qui semble en pincer pas mal pour la belle). Un album est annoncé depuis peu pour le 14 octobre, il s’appellera « comalies » et un morceau seulement en sera joué sur ce set (heaven’s a lie).

Je regretterai simplement pour une première fois à shooter Lacuna Coil d’avoir eu à le faire en plein jour sous un ciel voilé et nuageux car les contrastes et les couleurs en sortent assez fades et estompés.  Passé cette complainte de photographe, j’ai passé un excellent moment en compagnie de Lacuna Coil et c’est là l’essentiel. A revoir très vite donc, on peut espérer une tournée européenne en 2023 pour la promotion du nouvel opus.

Inter Arma

Pas le temps de tergiverser après le concert des italiens, il faut déjà courir sous la Valley pour aller voir les américains de Inter Arma dont j’avais entendu dire qu’il fallait les voir. J’enchaine donc directement du metal gothique à un genre de sludge doom un brin particulier (un nouveau grand écart, hello Bruce Lee).

Soyons honnête, Inter Arma (et cela n’engage que moi sera une des déception de la journée). Rien à faire pour entrer dans l’univers du groupe, à aucun moment cela n’arrive à me captiver, à me parler, je ne parviens pas à m’identifier à l’univers, le set s’enchaine avec des moments de transe en mode « trip perso » du chanteur, posé un temps infini a genoux face au batteur sans qu’il se passe grand chose autour, j’ai trouvé cela long, poussif et même pas très visuel au final.

Car parfois, nous autres photographes trouvons grâce à un groupe « chiant mais joli ». Mais aujourd’hui point de grâce trouvée. Rien à faire, je ne serai pas trop catégorique du fait que c’était la première fois, je dirai donc : à revoir.

Gaahl’s Wyrd

Le set précédent m’ayant assommé, c’est donc après une bonne pause que je repars l’appareil en main. Passage par la Temple cette fois.

L’artiste novégien multi-formations Gaahl’s Wyrd est sur scène. L’occasion d’un nouveau grand écart stylistique pour cette fois revenir à un univers « valeur sure » de black metal à la sause norvégienne. La voix grave et caverneuse du chant se pose dès les premiers morceaux tels « carving the voice », long et lancinant.

Notons que le set, très plaisant au demeurant, incluera pas mal (50%) de titres issus des différentes formations du sieur Gaahl tels que Gorgoroth bien sur mais aussi God Seed ou Trelldom.

Une heure de set passée très vite, cela fait plaisir de voir des artistes dont la constance n’a d’égal que leur talent.

Red Fang

La journée avance et comme pour faire écho à la baisse de température, je ressens également une baisse de puissance dans l’effet que les concerts me font. Passée la belle découverte de ce matin avec Kontrust ou la belle performance de Lacuna Coil, j’ai comme l’impression de ne pas avoir pris au moins une bonne baffe/déculottée/branlée (pick the word you like), même si certains sets (comme Gaahl) ont été très plaisants, rien de m’a vraiment fait vibrer.

C’est avec ce constat fadasse que je pénètre sous la Valley afin d’assister à la prestation du croc rouge aka Red Fang. Et là …

Quelques minutes suffiront pour comprendre que c’est là que ça se passe et que la première fessée est en cours.

Malgré un bon album sorti en 2021 « arrows » le groupe préfère piocher dans le plus ancien « murder the montain », gardant son « prehistoric dog » pour la fin évidemment. « Malverde » ou « Wires » font mouche instantanément.

Bryan Giles est dans une forme olympique et sa voix vient tout écraser. Les riffs percutent tels des coups de battes dans une vitre et le public ne s’y trompe pas. En quelques titres, une déferlante de pogos puis de slammeurs se met à survoler la foule et assure aux équipe de sécurité un peu d’activité physique, ce qui n’est pas toujours la particularité première de cette scène (notamment sur des sets de doom, post rock, etc.).

Un vrai concert avec de la sueur, des baffes, des équipes de sécu qui en bavent et qui sourient, du gros son, une envie de ne pas être ailleurs, d’écouter tout le set, que ça ne s’arrête pas … oui c’est ça je pense qu’on tient là les composantes d’une prestation réussie ou en tout cas telle que je l’ai perçue. Merci messieurs vous avez éclairé ma journée et fait vibrer mes premiers shakras dominicaux.

C’était énorme, c’était trop court. Point barre. Merci Red Fang.

Borknagar

Ils étaient parmi les immanquables de ma « todolist ».
Pour des raisons diverses et variées, j’ai été particulièrement marqué par l’album « Urd » sorti dans les années 2014 de mémoire et où j’avais commencé à connaitre plus en détail Borknager.

Cette année là, les norvégiens avaient participé à un festival qui malheureusement n’existe plus : le Fall of Summer (2014). A cette époque n’ayant pas pu y assister je me disais que je les verrais bien l’année suivante. C’était sans compter que les bougres ont fini par ne plus mettre les pieds en France depuis lors.

Autant vous dire alors que lorsque j’ai vu leuur nom sur l’affiche ce dernier a imédiatement été surligné au fluo : do not miss them again !

C’est avec une excitation au top que j’ai donc assisté à ce show unique et donc en soi un pur événement !

Bien sur de l’eau a coulé sous les ponts, et Urd est désormais loin, je devrai me contenter de « frostrite » comme unique titre de cet album mythique. Le set évidemment fait la part belle à « true north », dernier opus en date, lui aussi très bon.

Le public semble connaisseur, conscient de l’événement et rend grace au groupe. La communion et le plaisir partagés sont beaux à voir. Les envolées post-black du clavier et de la voix de « Lazare » Lars Nedland sont tout simplement magiques. Un de mes moments mémorables de ce festival, tant je l’ai attendu. J’espère que vous ne les avez pas ratés.

Là encore, le set s’achève trop tôt et je m’éclipse sonné … j’ai enfin vu Borknagar !

Down

Il commence à se faire tard dans le weekend, les deux journées précédentes ont été rudes mais ca y est elles sont derrière nous.

La fatigue commence à se faire sentir chez les photographes.

Je rejoins quelques congénères à l’entrée du pit photo des mainstages.

Les têtes sont comiques, les yeux hagards, on sent que ça tape un peu quand même.

Courage, il est temps de faire la queue pour aller voir et shooter l’ami Phil Anselmo et ses amis de Down.

La dernière fois que j’avais assisté à un concert de Down c’était ici même en 2013 sur la mainstage. Et j’en gardais ma foi un plutot bon souvenir. J’étais alors festivalier et j’ai souvenir d’un set qui m’avait bien plu, avec une bonne partie de covers.

L’ami Phil, comme a son habitude trainait déjà partout, sur sa scène, sur la scène des autres groupes. Bref on sent qu’il est au Hellfest chez lui. Depuis on a vu Phil dans d’autres configurations revenir ici même comme avec Phil anselmo & the illegals (2014, 2019) ou encore Superjoint Ritual (2015).

C’était donc bien avec Down qu’il était sur la scène et on peut dire qu’on a fait dans le classique avec du Nola, du Nola et encore du Nola. Pas moins de 8 titres sur un set de 11 issus de l’album culte de la formation. Peu importe, Down s’était fait attendre, Down a fait du Down, Phil était ma foi pas trop en mauvaise forme, même si je l’ai trouvé un peu long à rentrer dedans. Au final, on sent que le public y a bien trouvé ce qu’il était venu chercher. Quelle folie en entendant les premières notes de « stone the crow » en quasi fin de set ! Que demander de plus ?

Walls of Jericho

Les stars du soir (Korn, Judas Priest) ayant décidé qu’elles n’étaient dignes d’être prises en photo que par des photographes de talent, je me retrouve en pause sur la soirée. L’occasion d’aller et venir sur le site, de croiser surement certains d’entre vous, de faire des photos d’ambiance (et oui l’ambiance du festival c’est quelque chose, voir mon article à ce sujet sur France Metal).  Il n’y a finalement pas que les concerts en festival 🙂

Toutefois histoire de finir en beauté cette première édition 2022 tant attendue, je décide d’aller voir Walls of Jericho. Direction la Warzone donc, que je n’avais pas beaucoup visité ce dimanche.

Et là soyons clair, on finit sur une « mandale » de première catégorie, une énergie ressentie qui se situe entre le parpaing et le godet de tractopelle en pleine face ! Walls of Jericho, fondé en 1998, se caractérise notamment par une grande constance dans son line-up. 4 des 5 membres sont fondateurs. Seul le poste de batteur a été modifié plusieurs fois (peut être que physiquement, être drummer sur WoJ c’est un peu physique et usant ? )

Candace est dans une forme olympique, elle gesticule de droite à gauche, joue avec sa tête pour créer des mouvements avec ses cheveux pendant que tout le groupe distille une énergie incroyable. C’est surréaliste, la warzone chauffée à blanc, la pyrotechnie signée Moniclamouche tout autour des barbelés, tout y est pour un final dantesque (enfin mon final, parce que dans les faits il y avait encore du monde à voir plus tard, mais à mon âge il faut savoir se préserver pour le Hellfest de la semaine d’après).

Souvenir en images.

Je sors de la Warzone encore étourdi par toute cette énergie et regagne ma voiture. On a passé 3 jours en enfer (et cette fois on l’a bien senties, la chaleur des flammes), on a pu revivre tous ces moments, toutes ces émotions, ces instants de partage, cette communion, cette atmosphère si particulière, ces bruits, ces odeurs (non pas de marteau piqueur), bref tout ce qui nous avait tant manqué durant ces trois années.

On se dit alors en franchissant les grilles comme chaque fois qu’un dimanche de Hellfest s’achève « c’est passé vite, et dire qu’il va falloir attendre un an » … et puis un sourire nous vient en s’éloignant du site. Non, cette année on n’attendra pas un an. On attendra 4 jours.

TO BE CONTINUED…