Hellfest 2022 – Report WE 2

Hellfest 2022 – Weekend 2 – 23-26 juin 2022

L’édition du siècle

Texte : Gaël HERVE
Photos : Gaël HERVE-Photo pour France Metal

Comme pour le weekend 1 de cette édition, je vous raconte mon festival, ses anecdotes, ses petites victoires, ses petites frustrations avec l’oeil et le point de vue du photographe que je suis. 
Toujours, loin de moi d’apporter un quelconque jugement de valeur sur les concerts auxquels j’ai pu assister, le temps du photographe et la recherche du cliché ne nous permettent que rarement de pouvoir profiter du set en intégralité. Comme déjà expliqué, les « live reports » qui vous expliquent que vous avez tort ou raison d’aimer ce concert parce que le sachant a parlé, très peu pour moi. 

Le report qui suit est donc tout simplement personnel, il vous apprendra peut-être la manière avec laquelle nous autres photographes vivons notre festival. Et pourquoi pas, susciter des vocations ?

Bonne lecture.

Mercredi 22 : Back to the campsite

Etrange impression ce mercredi en revenant sur le site.
J’avais pour ma part opté pour un break entre les deux éditions, me permettant ainsi de retrouver pour quelques jours ma petite famille vivant à 15 km seulement.
Le retour sur site se fait toujours après un an d’attente, mais cette année c’était après seulement 3 jours d’absence ce qui est pour le moins inhabituel.

De nombreux festivaliers faisant les deux éditions avaient fait le choix de rester sur le site, aux parkings ou au camping. Et la fournée des festivaliers de la seule seconde édition arrive tranquillement à partir du mercredi midi.

Le camping

Après midi calme et posée avec quelques potes de parking le temps d’attendre ma première mission du soir au Purple Camp : l’apéro impérial v2.0

L’apéro impérial v2.0

Comme chaque année les joyeux lurons des Stormtroopers invitent leurs membres et chapters amis autour d’une belle tonnelle au purple camp pour un apéro millimétré avec avouons le une belle logistique et une belle ambiance. Et cette fois encore j’avais été convié pour tirer le portrait de l’événement. La déontologie et la censure puribonde d’internet ne me permettant pas de tout présenter ici je me contenterai de ces quelques clichés pris sur les lieux du crime.

Je m’octroierai ainsi le reste de la soirée à voir et revoir des amis et à profiter de cet unique créneau où je ne travaille pas pour m’offrir ma part de festif avant d’attaquer le marathon des 4 jours de festival. See you then.


Jeudi 23 : back to the playground

La journée du jeudi ajoutée à cette seconde édition était une journée plus courte, un peu comme l’avait été la journée du KNOT FEST en 2019, à ceci près que l’ensemble de l’espace festival était ouvert soit les 6 scènes in-situ. C’est Phil Campbell & the bastard sons qui ouvrait le bal à 15h30 en Mainstage, un habitué du lieu puisque c’est notamment avec Motörhead qu’il avait déjà foulé ces planches de nombreuses fois + avec ses bastards sons depuis le décès de Lemmy.

Un concert que je regarderai de loin en mode warm-up. Le son de Motörhead est toujours aussi plaisant en fond musical d’un festival, la météo radoucie ajoutant fortement au plaisir d’être là de nouveau (surtout une météo permettant de nouveau de consommer une bonne bière avant 18h).

Je décide alors d’attaquer mon festival de photographe avec LILI REFRAIN sous la tente THE TEMPLE.

Lili Refrain

Je ne connaissais pas du tout Lili Refrain et c’est donc sans a priori que je me suis présenté dans le pit pour découvrir Lili seule sur scène avec ses peintures de guerre et ses baguettes à la main face à une caisse claire, un clavier et une guitare. Un démarrage de set long et une ambiance mystique me laissant perplexe, le set se débride quelque temps plus tard avec la musicienne comme prise de transe. Visiblement heureuse d’être là, sa voix timide entre les morceaux tranche avec la puissance de certains morceaux. Passant de la percussion au clavier puis à la guitare avec facilité, l’artiste sera une première belle surprise de cette seconde édition.

Los Disidentes Del Sucio Motel

On enchaine cette fois sous la valley avec le quintet déjà éprouvé à maintes reprises de LOS DISIDENTES DEL SUCIO MOTEL (aka LDDSM). Les alsaciens étaient déjà passés sur les scènes du Hellfest en 2017 et par ailleurs avaient également participé l’année suivante au festival des West Stoner Sessions à (feu) la Scène Michelet.

LDDSM on aime ou on n’aime pas, le groupe laisse rarement indifférent. Les sonorités synthétiques et les voix donnent un rendu qui oscille entre le post rock et le stoner. Visuellement, le groupe donne de l’energie et s’agite sur scène, le public accroche très vite. Le set sera court, 40 mn, mais c’est un bon moment qu’on n’aura pas vu passer.

Dragged Under

Pas de temps mort après le set des strasbourgeois, on court direct vers la warzone pour voir les ricains de DRAGGED UNDER.
Un beau mélange musical difficile à classer. Aventurons nous, je dirais un mix entre du pop-punk californien façon Blink-182 ou Sum41, avec de forts accents hardcore enragé façon Rise Against, sans jamais pour autant sacrifier la mélodie qui reste omni présente dans une musicalité presque basique mais tellement efficace.

Coté setlist, la moitié du concert reprend des titres de l’album « the world is in your way » sorti en 2020. Pas de nouveauté au programme, peut-être un album en préparation d’ici peu ?

Bilan, un concert hyper plaisant, péchu, qui embarque tout le monde dans la fosse comme plus loin dans l’espace Warzone dans des circle pits et une énergie hyper communicative. Carton plein pour Dragged Under, on en redemande.

Slomosa

Du desert rock cela vous fait penser à quoi ? A la chaleur, la sécheresse, la chaleur torride telle que celle du premier weekend du Hellfest j’imagine. A la route 66, à un vieux motel au fin fond du Colorado… mais surement pas à la Norvège. j’ai bon ?

Eh bien Slomosa, c’est exactement le groupe dont on n’imagine pas le rapport entre la provenance et la musique. Si on vous dit Norvège, vous penserez probablement à ces nombreux groupes de black metal peinturlurés perdus au milieu de la forêt et qui trouvent leur logo de groupe en jetant un tas de brindilles au sol … avec Slomosa rien de tout ça. On est bel et bien dans un incroyable voyage au coeur d’un rock qui sent la sueur et la poussière, gras et rock à souhait.

Sur ce concert au Hellfest on notera l’exploit d’un groupe d’irreductibles fans de fat’n fuzz-sound appelés les « lords of the valley » et qui auront réussi rien de moins que de faire porter leur t-shirt au bassiste du groupe. Chapeau bas.

Coté set, ça part très fort avec de gros titres bien rythmés et gras avant de tomber selon moi dans une phase un peu « plateau » que j’ai trouvée un peu longue et creuse. Mais l’impression générale qui ressort de ce concert est celui-d’une belle découverte, avec des sonorités très intéressantes. La set list reste à équilibrer un peu pour trouver plus de rythme sur 45mn mais j’ai passé un bon moment.

Zeal and Ardor

La journée avance, il est déjà 19h20 et je me presse pour aller shooter un groupe que j’avais manqué la dernière fois : ZEAL AND ARDOR. Le groupe est visiblement recherché si j’en juge par la quantité de photographes présents. Revers de la médaille, le temps de shooting sera raccourci et donc un brin frustrant.

Zeal and Ardor c’est la rencontre improbable entre le metal et le gospel / negro spiritual. Autant dire que rien que sur papier ça donne envie d’aller écouter cela.

Le résultat s’avère à la hauteur des attentes. On oscille entre des passages quasi ecclésiastique de messe grise (pour ne pas dire noire) et des explosions d’énergie caractéristiques de la musique metal. Chaque morceau propose un mix différent, la rencontre des styles trouve à chaque fois une manière nouvelle de s’exprimer, c’est captivant et étonnant à la fois.

Je sors de la fosse photographe avec une furieuse envie de revenir voir ce groupe.

Lowrider

Le temps de passer prendre un petit ravitaillement et je me dépêche de retourner sous la Valley afin d’assister à un petit événement : les suédois de LOWRIDER se produisent.

Et ces gaillards là n’étaient pas revenus à Clisson depuis 2014. Il faut dire que les lascars ont une carrière en pointillés, avec des interruptions conséquentes. Actifs de 1997 à 2003, en pause durant 10 ans puis reformés pour une tournée en 2013-2014 (et un passage au Hellfest), nouvelle pause de quelques années et reformation en 2017 pour un nouvel album « Refractions » sorti tout récemment (et qui est plutot bon). Notez le titre « ode to Ganymède » qui fait écho au plus vieil opus « ode to Io » (pour les amateurs de satellites de Jupiter).

Coté musique évidemment, la moitié du set sur le nouvel album et c’est bien normal, d’autant que ce dernier étant plutot efficace à l’écoute c’est réellement un plaisir que de l’éprouver sur scène.

Une heure de set qui passe comme un météore, c’était une chouette immersion dans un stoner classque mais toujours parfaitement ajusté. Les suédois prennent du plaisir et nous aussi, en témoignent les nombreuses têtes qui très rapidement dodelinent en rythme dès les premiers morceaux.

Sólstafir

Direction la TEMPLE ou pour rien au monde je ne manquerais le concert de Sólstafir. Encore un de mes chouchous islandais (décidémment).

Si ma période préférée de ce groupe reste indéniablement celle de 2010-2015 avec un point d’orgue pour les albums Svartir Sandar et Otta, on peut dire que le set du jour était fait pour moi.

Pas un seul titre des deux derniers albums, tout était puisé dans les 3 albums Kold (2009), Svartir Sandar (2011) et Otta (2014). Je ne me lasse pas des notes psychédéliques synthétiques et des envolées au son d’un post-rock dont la sonorité ne laisse aucun doute quant à la paternité. Quand les notes d’Otta retentissent c’est la TEMPLE toute entière qui communie durant près de dix minutes pour mieux chavirer deux titres plus tard avec l’incomparable Fjara.

Comme à chaque fois, c’est un moment magique, hors du sol, hors du temps, juste eux, nous, être là et s’envoler jusqu’à rester hébété et hagard à la fin du set. Bien sur c’était trop court. Vivement le prochain.

Septicflesh

Passé le choc islandais, je décide d’aller me faire réveiller brutalement par la méthode grecque. Pour ce faire, pas la peine d’aller bien loin puisque sous l’ALTAR se présente SEPTICFLESH.

Malheureusement comme assez souvent cette année sous l’ALTAR, le temps accordé pour le shooting photo s’avère très court et ne permet que de faire au mieux avec une lumière récalcitrante. Qui plus est, la sortie rapide et éloignée ne permet même pas de se replacer dans de bonnes conditions pour au moins profiter du set.

C’est donc sur le premier titre Hierophant que les photos seront faites avant de repartir au fond essayer de profiter des quelques titres d’un death mélodique particulièrement plaisant, comme sur des morceaux issus de l’album codex omega (tel que Martyr), sans doute mon préféré.

Une impression en demi teinte donc, mais pas du fait du groupe qui semble de son côté avoir parfaitement fait le job, en témoignent les pogos dans la fosse. Et c’est bien cela le principal.

Quelques photos malgré tout.

Heilung

Je les avais manqués au Motocultor 2019, il était donc hors de question que cela se reproduise. Les guerriers sorciers danois de HEILUNG allaient faire ma fin de soirée pour ce premier jour du second weekend du Hellfest. Heilung, c’est un visuel, une musique mais bien plus encore. C’est une transe chamanique qui parvient à aller chercher au plus profond de nous mêmes ce qu’on a de plus primitif et bestial, tantot martial, tantot incantatoire, les appels à retourner à notre moi primitif ne manquent pas.

Et cela fonctionne. La tente affichait plus que complet au moment où se prénsente la « tribu » pour une magnifique cérémonie d’ouverture.

Les costumes et accessoires sont incroyables, pléthores d’ornements en ossements, peaux, armes. Les voix sont immédiatement pénétrantes et invitent à la transe, ce dont le public ne se prive pas.

Côté photographique, Heilung est à peu près ce qu’on peut offrir de mieux à un objectif. Tout est beau, les poses, les transes, les lumières. C’est magique.

Côté musique, notons que le set démarre par la cérémonie d’ouverture et poursuit avec 4 titres d’affilée issus de l’album Ofnir qui date tout de même de 2015. On est donc sur du classique. Peut-être une volonté du groupe pour préparer la nouveauté qui arrivait à savoir le nouvel album « Drif », sorti le 19 aout dernier. Sauf erreur de ma part je ne me rappelle pas que le groupe ait interprété un titre de ce nouvel opus.

Quelques danses tribales plus tard dont certaines ressemblent à des départs pour une chasse ou une bataille avec toute la tribu brandissant des lances acérées, le set s’arrête laissant le public absolument sonné et hagard. Le voyage dans le temps et dans les profondeurs de nous mêmes a été rude. Il est temps de revenir sur Terre.

Je m’offrirai le set de Wardruna en mode « festivalier » afin de profiter en intégralité d’un concert tout en restant dans la musicalité et le caractère mystique de Heilung avant de rentrer reprendre des forces pour la journée du vendredi. La météo est formelle, demain on va avoir des conditions fortement dégradées…


Vendredi 24 : the return of the downpours

Le réveil est rude, enchaîner deux festivals n’est pas chose aisée qui plus est à mon grand âge et encore plus quand on dort dans son coffre. Néanmoins, après un bon café et une réunion avec moi même afin de savoir comment on s’habille aujourd’hui me voilà prêt à partir. La météo sera pluvieuse, des averses sont prévues mais aussi des éclaircies et le soleil tape fort. On est donc dans la situation la pire où il faut penser à emporter sur son dos tout ce dont on peut avoir besoin pour la pluie comme pour le soleil… en plus du matériel photo bien sur …

downpour in hell

Dirty Fonzy

Il est près de 13h00 lorsque j’arrive sur le site et la pluie ne se fait pas attendre. Elle est désormais bien loin la canicule de la semaine dernière. Les festivaliers sont bien passés dans un mode aquatique avec des sacs plastiques, ponchos et autres imperméables.

Il va falloir se réchauffer en bougeant un peu et pour cela, rien de tel que la warzone. Au programme, les Albigeois de DIRTY FONZY et leur punk rock endiablé avec ses petites notes celtic-punk.

Pas de mauvaise surprise, c’est une « tempête de fougue » qui s’abat sur le pit de la warzone dans tous les sens du terme, que ce soit sur le sol ou dans le ciel. Les riffs sont percutants et efficaces, ils font du bien sous la pluie qui s’en mèle, le groupe ne cache pas son bonheur d’être ici et saute dans tous les sens. Une parfaite entrée en matière pour ce vendredi.

Stöner

Direction la Valley. Une Valley étonamment remplie. Sans doute un mix entre l’envie de se mettre au sec et l’envie de voir la jeune formation STÖNER et ses vieux briscards Nick Oliveri et Brant Bjork. Car derrière le neuf de la formation il y a deux immenses talents qui ont rien de moins que contribué à des formations telles que Kyuss, Queens of the Stone Age, Mondo Generator, sans parler de leurs projets solos sous leurs noms de Brant Bjork et Nick Oliveri (qui était passé en set intimiste à la scène Michelet il y a quelques années, l’occasion mémorable de taper la discute et de boire une bière avec une légende tout en travaillant un peu son anglais).

Le son de STÖNER ressemble sans surprise à un mix de tous ces univers, c’est assez bon dans l’ensemble, voir de telles pointures est un plaisir bien sur mais pour autant le set ne parvient pas à me faire décoller plus que ça. Sans doute une pointe de nostalgie envers les formations citées ci-dessus. Le groupe délivre notamment des titres de son tout dernier (2nd) album « totally… » sorti au printemps 2022.

L’ensemble est plaisant et embarque allègrement le public dans des hochements de tête approbateurs. Je ressors satisfait bien qu’un peu sur ma faim (avis parfaitement subjectif).

Pogo Car Crash Control

Retour sans plus tarder sur le site de la Warzone, ou malgré la pluie qui se calme un peu la tempête guette. Mais celle-là, c’est sur scène qu’elle est attendue. Les jeunes prodiges français de POGO CAR CRASH CONTROL sont de retour sur cette scène ou ils avaient déjà tout retourné en 2018.

Un album plus tard donc, et avec le nouveau tout fraichement sorti du four, le quartet arrive donc avec une furieuse envie d’en découdre. Parmi eux, la bassiste Lola Frichet qui bénéficie d’un important buzz médiatique depuis quelque temps suite à quelques reportages s’étant intéressés à son implication et à son fameux hashtag #morewomenonstage militant en faveur de l’arrêt des nombreux clichés envers les femmes dans le milieu musical et appelant à d’avantage de musiciennes sur scène.

Et Lola sur scène, elle fait parfaitement ce qu’elle entend faire, à savoir elle balance du riff et de l’énergie tout autant que les autres et même si un phénomène de curiosité existe, c’est un pari réussi pour elle et son mouvement. En souhitant que cela en inspire d’autres.

Musicalement, le set dévoile pour une grande partie les morceaux du nouvel album, le rythme est punk, effréné, 16 morceaux en 45 mn. Vous êtes bien branchés sur la « fréquence violence », ne quittez pas…

Danko Jones

Et on enchaîne avec un premier passage au niveau des mainstages. Les averses sont font un peu éparses et font plus ou moins place à de la bruine. Les appareils restent tant bien que mal à l’abri et je décide d’aller faire un saut voir le hard rock classique et old-school de Danko Jones.

Parfait pour se poser là à écouter avec une bonne bière à la main, le son est propre et les mélodies sont très « easy listening ». Le public de la mainstage n’est pas dans une transe de folie mais on sent que les gens prennent un plaisir discret. Faire bouger la mainstage avec du old-school n’est pas facile à moins de s’appeler Judas Priest ou Iron Maiden. Les gens sont en core un peu dissimulés sous les tentes (c’est fou cette attirance soudaine pour le black et le death aujourd’hui 😉 ).

Je file donc dans le pit faire ma tournée de photos et me pose en mode tranquille apprécier le show. Et c’est bien cool de s’offrir des petits moments comme ça entre deux courses entre les scènes.

Celkilt

L’après midi avance et il se fait déjà pas loin de 18 heures. L’heure de retourner sur la Warzone voir un de mes « must-see » du weekend, le groupe CELKILT.

J’avais déjà prévu de venir les shooter en salle un certain 17 mars 2020, un concert qui n’eut jamais lieu on se demande bien pourquoi. C’est encore une fois sous des averses que l’assistance venue très nombreuse se presse devant la scène. Les lascars commencent à être un brin connus. Et c’est tant mieux.

Lancé en 2011 le projet punk-celtique explose vraiment depuis quelques années et la prestation scènique ultra énergique y est sans doute pour quelque chose. Outre une musique qui allie parfaitement le son et les rythmes du punk avec les instruments et mélodies celtiques, les thématiques comme la fête ou encore la bière, le groupe se distingue par les prestations individuelles de ses musiciens qui semblent tous aussi barrés les uns que les autres et c’est ça qu’on aime. Sauts synchronisés, arranguage de public, saut et solos depuis le dos du public … Tout y est pour un moment inoubliable culminant avec la reprise en choeur de « everyday st patrick’s day » par le public !

Rien ne pouvait arrêter les CELKILT et le ciel ne s’y est pas trompé en déversant une des ces averses dont l’Irlande a le secret. Thank you Guys and see you soon. Sláinte !

Interlude

Après la tornade CELKILT, passage rapide au VIP pour poser un peu les appareils et ravitailler, causer un peu avec les collègues, sécher aussi avant de repartir en vadrouille avec un bon K-Way. Il faut aussi savoir se préserver pour tenir sur la durée.

Au programme pour la suite, Moonspell et Ministry.

Moonspell

La suite se passe sous la TEMPLE avec MOONSPELL. La formation portugaise se produisait au HELLFEST pour la 5e fois tout de même. Des habitués donc.

Cela fait exactement 30 ans que Moonspell existe et le line-up, même s’il a changé s’avère relativement stable avec 4 membres présents depuis une vingtaine d’années. Et c’est un peu un set « anniversaire » que le groupe a choisi de jouer avec des morceaux piochés dans de nombreux albums différents.

Côté scénique, on reste sur du solide et l’accroche visuelle comme musicale est immédiate, pas de fioritures. Ca envoie du lourd direct et ça maintient le niveau sur la durée. Fernando Ribeiro, leader charismatique et désormais seul membre fondateur tient la baraque et impose un « heavy dark metal » hypnotisant et jouissif.

Frustration de photographe, j’ai du passer sur un unique morceau et les lumières étaient franchement défavorables mais cela n’enlève en rien la qualité de la prestation des portuguais.

Ministry

Ils étaient déjà là en 2019 mais c’était dans le cadre du Knostfest, le jeudi soir où Slipknot et leurs amis avaient investi le site du Hellfest (ou tout au moins l’espace Mainstages). C’est cette fois à l’affiche du festival hôte que les américains de Ministry se joignaient pour ce début de soirée. C’est sous une pluie qui reprend de plus belle et en cherchant au mieux à protéger les appareils que je file me mettre dans la queue pour accéder au pit photo. Il faut savoir que sur les mainstages, passée une certaine heure, on passe beaucoup plus de temps à faire la queue qu’à faire des photos, mais c’est le prix à payer pour être aussi nombreux et on ne peut que saluer le travail incroyable de gestion des flux réalisés par la team pit-photo du festival.

C’est avec un écran géant « Ministry stands with Ukraine » que le set démarre et que nous partons dans la fosse shooter les musiciens. Al Jourgenssen semble en grande forme et les titres enchainent, râtissant un large éventail de l’immense carrière de Ministry démarrée en 1981 c’est à dire il y a 41 ans, excusez du peu !

Il est vrai que la période de gloire du groupe s’arrête vers 1995 et la descente aux enfers liée à la drogue du leader, suivi d’un break du groupe et d’une reformation pour un nouveau départ qui ne prendra vraiment forme que vers 2008. Mais tout de même cela n’enlève rien à l’énergie et au mythe Ministry.

Le public est pleinement présent malgré la pluie et sait qu’il fait face à un monument du metal indus, pour peu qu’il ait comem moi été au lycée accompagné de la musique de ces olibrius. Un set avec une pointe de nostalgie qui fait du bien avant de cloturer la soirée sur un autre grand artiste : Mr Cooper.

Alice Cooper

Alice Cooper ou Vincent Furnier de son vrai nom fait partie de ces monuments du metal, de ces précurseurs qui comme Black Sabbath, Motley Crue ou encore Judas Priest auront marqué à jamais l’histoire du genre. A l’heure où les jeunes générations appellent à la mise à l’Ehpad de ces formations au nom du renouvellement du genre, Alice Cooper tire son épingle du jeu, essentiellement parce qu’il a toujours été en très fort décalage avec la réalité, ne s’est jamais vraiment pris au sérieux et grâce à ses utilisations omniprésentes de personnages un brin « freaky » réussit l’exploit de rester up-to-date là où d’autres formations semblent parfois anachroniques malgré un talent encore énorme.

D’emblée la scénographie impose son style sur la Mainstage avec un chateau sur plusieurs étages et des accessoires tels que des clotures de cimetière ou une barre de bateau. On sent que le spectacle va être encore au rendez vous avec tous les personnages de Mr Cooper.

A la guitare, Nita Strauss. Il fallait vraiment la voir car quelques semaines après le show, l’annonce de leur séparation secouait les fans.

J’ai donc enfin pu photographier l’artiste et sa bande pour la première fois et profiter d’une partie du show qui reste un exemple du genre. Mr Alice Cooper vous êtes un immortel.

Et ce très beau concert clôturera ma soirée dans le pit photo. N’étant pas autorisé à shooter Nine Inch Nails je me vengerai alors sur les photos d’ambiance de nuit que j’affectionne particulièrement. Avant de rentrer au dodo, sous une nouvelle averse.


Samedi 25 : wet in hell

C’est le bruit de la pluie sur le toit de la voiture qui m’empêchera de faire une grasse matinée qui aurait pourtant été amplement méritée. Vous me direz, autant mettre ce réveil prématuré au profit d’un maximum de concert ? Seulement voilà, pour que la pluie me réveille, il faut bien comprendre que c’était autre chose qu’une petite bruine bretonne. Sans être pour autant comparable à un orage méditerrannéen, on était déjà au delà de ce que mes appareils et leur porteur pouvaient prendre le risque d’encaisser sans séquelles en tout début de journée.

Frustration donc.

Car c’est la quasi totalité de la matinée qui va ainsi me passer sous le nez. Il y avait pourtant des concerts intéressant à aller voir ce matin là. J’aurais pu aller shooter Dätcha Mandala, Manigance, Ayron Jones … mais à quoi bon si c’était pour avoir des gouttes sur l’objectif.

La pluie se calmera finalement vers l’heure méridienne et c’est seulement à 13h30 que j’arriverai sur le site, entre deux averses. Le plus dur de la pluie semblait désormais derrière nous. Quelle différence de temps en l’espace de quelques jours ! Et dire qu’on crapahutait sous 40 degrés il y a une semaine !

Fejd

Direction la temple pour commencer (on ne sait jamais, une tente sur la tête ça peut servir). Mon chix n’est pas anodin puisqu’il se porte sur le groupe suédois FEJD, étoile montante de la scène folk metal mediaval.

Fondé au début des années 2000 le projet des frangins Rimmerfors va surtout se concrétiser en 2009 avec la sortie de leur premier album Storm, suivi du second Eifur 18 mois plus tard.

C’est donc avec un grand plaisir que j’assistais à un de leurs concerts pour la première fois, leurs incursions en France étant plutôt rares. Et j’avoue ne pas avoir boudé mon plaisir. Certes on est sur du classique du genre avec des instruments médiévaux auhentiques tels que cornemuses, vielles à roues ou autres bizarreries dont les noms en suédois me laissent autant de marbre que le nom du dernier placard de chez Ikea.

A propos de suédois, notez que les textes des morceaux sont en suédois, ce qui sonne plutot bien quoiqu’un peu rugueux (ah les langues de la branche nordico-germanique !) et que les sujets de prédilections du groupe sont sans grande surprise les fées, les forêts, les mythes anciens et les légendes nordiques.

Dis comme ça ça parait ultra classique, cela l’est sans nul doute, mais alors quel plaisir à voir et à écouter. Une parfaite entrée en matière pour ce samedi pluvieux qui m’a d’emblée remis de bonne humeur. Et puis visuellement, tous ces instruments exotiques c’est quand même assez intéressant à cadrer dans l’objectif.

Le set passera trop vite, comme souvent à cette heure, ce qui présente l’avantage pour des groupes à la renommée en construction de distiller l’essence même de leurs meilleurs morceaux et par la même de susciter l’intérêt du plus grand nombre. A revoir très vite dans des festivals folk ? Je connais certains organisateurs du genre dans la région qui pourraient bien tenter un coup avec nos amis suédois d’ici quelques années non ?

Nightmare

Plusieurs raisons me poussaient à aller voir Nightmare, groupe power / symphonique français qui jouait en Mainstage à 14h30.

Déjà il ne pleuvait pas (condition importante pour les main stages), ensuite le style musical finalement assez ouvert du groupe, la prestation vocale de la chanteuse et ne nous en cachons pas l’esthétique des photos qu’on peut imaginer faire du groupe. Mais c’est aussi un contact avec Gildas Vaugrenard, luthier du festival et créateur des guitares Hellfest Signatures exposées sur le site, me disant que le groupe utiliserait ses guitares sur scène sur les derniers morceaux du set. L’occasion était trop belle de pouvoir prendre ces merveilles en photos sur scène, aussi après un second contact pour m’ouvrir le pit photo exceptionnellement sur la fin du set, me voilà parti voir Nightmare.

La vie du groupe n’est pas un long fleuve tranquille, le line-up ayant été particlièrement instable au cours des longues années d’existence de la formation. Car le groupe a initialement début en 1979 pour se dissoudre dès 1987 avant d’avoir connu un succès qui leur tendait les bras (mais après avoir quand même réussi à se faire un nom suffisant pour revenir plus tard).

Beaucoup plus tard, le groupe renait de ses cendres à la fin de années 90 et repart tant dans ses créations artistiques que dans ses problèmes internes et changements de membres. Sans entrer dans le détail de la gestion de personnel chaotique de l’entreprise Nightmare (sel le bassiste Yves Campion est membre fondateur désormais et la liste des anciens membres dépasse la vingtaine …), notez juste qu’après le départ de la dernière chanteuse du groupe Magali Luytens après 4 ans de bons et loyaux services, elle sera remplacée par la chanteuse Madie (c’est bien elle qui assurera la prestation au Hellfest). Passé le festival, fin aout, le groupe a annoncé une nouvelle fois se séparer de sa chanteuse. A ce jour, pas de news sur son ou sa remplaçane. Décidément, bosser chez Nightmare semble être un cauchemar.

Coté concert, le set de Madie et sa bande tournera naturellement autour de l’album Aeternam sorti en 2020 et enregistré avec cette chanteuse. Une satisfaction donc car voir le groupe interpréter une chanson avec l’interprète studio relève parfois de l’exploit. Nightwish peut aller se rhabiller avec ses changements de chanteuse qui font encore tant de débats 🙂

Et en effet a la fin de ce set plutot sympa, les deux grattes Hellfest Signature feront leur apparition et il faut avouer qu’elles ont vraiment de la gueule, encore plus sur scène entre les mains de musiciens.

Eluveitie

Ce samedi était définitivement à placer sous le signe d’un mélange de folk et de metal à chanteuse (et ce n’est pas fini !). C’est cette fois vers la mainstage que je me présente pour aller voir un groupe déjà shooté pas mal de fois mais dont je ne me lasse pas : Eluveitie. D’abord j’aime beaucoup le folk donc j’y trouve toujours un certain plaisir auditif. Ensuite avouez que la présence conjointe sur scène de Nicole Ansperger, Michalina Malisz et (petit faible pour les rousses) Fabienne Erni est loin d’être désagréable. Et peut laisser présager de jolis clichés.

C’est donc déjà acquis à la cause que je vais voir ce set.  Le groupe suisse mené par Chrigel Glanzman au chant a pas mal évolué avec le temps lui aussi. Les musiciens présents au Hellfest sont en place depuis 2017, ce qui était jusque là une durée assez longue de stabilité pour le groupe après le tensions et départs ayant suivi le succès de l’album Origins (un des meilleurs) vers 2014.

2017 avait vu l’arrivée de figures charismatiques comme Nicole Ansperger (violon), Michalina Malisz (Vielle a roue) et surtout Fabienne Erni (chant et harpe).

Et pourtant, la malédiction du Hellfest 2022 va frapper la aussi. Quelques semaines après le passage à Clisson, Michalina Malisz annonce son départ du groupe pour se consacrer à un projet perso. Cela commence à faire beaucoup au niveau des départs post-hellfest après Nita Strauss (Alice Cooper) et Madie (Nightmare) …

Coté musique et set on est sur du classique avec une bonne place à l’album Ategnatos, dernier en date sorti en 2019 et dont la tournée promotionnelle aura été quelque peu perturbée vous l’imaginez. Pas mal de titres anciens tels que Inis Mona, (une incontournable mélodie qui a un franc air de cousinade avec un titre d’Alan Stivell non ? ) ou encore « a rose for Epona » avec Fabienne au chant, comme sur « the call of the mountain ».

Slift

Il est 16h, direction la Valley pour un changement radical de style et une découverte d’un groupe dont on m’avait dit du bien. Il s’agit de SLIFT, un trio toulousain qui officie dans un genre qu’on peut qualifier de stoner psychédélique, option mandale (mais ça je ne le savais pas).

Ici pas de vielle a roue ni de chanteuse, on revient aux fondamentaux : des cordes et des futs ( de batterie, pas de bière… quoique). Les notes d’Ummon lancinent au début du set, tel l’intro d’un album de My Sleeping Karma et puis vlan, le rouleau compresseur démarre. Notes psychédéliques, chant lointain et parfaitement dosé, accords lourds et massifs donnent une impression de parfaite maitrise. Les Lords of the Valley ne s’y trompent pas et ils sont nombreux à hocher tête et barbe à la barrière.

Les titres joués sont tous isus de Ummon, dernier album (le second) du groupe et le set passe à une vitesse folle il faut bien l’avouer. On prédit déjà au groupe un brillant avenir, d’autant que fin septembre la formation part en tournée américaine. On leur souhaite de précher la bonne parole du Desert Rock à la française sur les terres de l’oncle Sam.

Et surtout j’espère bien les revoir très vite.

Arcturus

Déplacement léger pour aller voir un OVNI sous la TEMPLE : ARCTURUS. Jamais vu sur scène, la définition du groupe sur l’appli Hellfest était pour le moins mystérieuse avec le qulificatif de black metal avant-gardiste. Quand on sait l’ancienneté du groupe, était-ce avant gardiste à la fin des années 90 ou bien maintenant ?

Les norvégiens imposent d’emblée une ambiance assez incomparable, tant par le visuels de leurs costumes, que par l’ambiance esotérique et incantatoire amplifiés par la voix caverneuse et néanmoins claire de leur leader ICS Vortex, intégré au groupe depuis leur reformation dans les années 2005-2007. Car Arcturus avait eu une première vie durant laquelle la plupart des albums avaient été composés (la masquerade infernale, the sham mirrors ou side show symphonies). Seuls deux titres seront issus du dernier album Arcturian sorti en 2015 et qui sonne plus classique avec des sonorités plus claires et des sons moins expérimentaux.

Une belle découverte quoi qu’il en soit avec des morceaux vraiment tous différent, on sent que les univers du groupe n’ont pas vraiment de limite (clavier, nappes, chant haut à la Borknagar, rythmique black avec double pédale plus classique, ect). A approfondir et clairement à revoir.

Fleshgod Apocalypse

Parfois des dilemmes se posent entre deux concerts simultanés que l’on souhaite prendre en photo et voir. Parfois, c’est même 3. Sur ce créneau de 17h55 se posait à moi le dilemme de voir à la fois Epica et Fleshgod Apocalypse.

Sortant de la temple et considérant la probabilité d’accéder en décalé au pit mainstage, je choisis naturellement de commencer par l’Altar. Bien m’en a pris car le temps autorisé pour le shooting et les lumières peu aidantes m’ont aidé à émigrer au plus vite vers la mainstage.

Mes chouchous italiens étaient donc là sur scène (même sans Tomaso Riccardi qui a quitté le groupe il y a maintenant quelques années). Francesco Paoli avait alors quitté les futs pour reprendre sa place de frontman. C’est donc avec cette nouvelle formation (pas si nouvelle mais je ne les avais pas revus depuis) que j’ai pu assister au début du concert. Et c’est parti fort et vite.

J’aurai juste le temps d’entendre The Violation et Healing through war avant de filer sans regret vers la Mainstage. Regret de photographe disons. Car le concert s’annonçait très bon, mais du point de vue de la qualité d’image à en attendre c’était vraiment compliqué.

Voici néanmoins quelques photos du set, pas si mauvaise j’imagine puisque le groupe (qui aime décidément mes photos depuis 2016) les a une nouvelle fois partagées 🙂

Epica

Après une course au timing serré me voilà enfin devant la Mainstage, juste le temps de traverser le site et d’accéder à l’espace photo pour voir Epica. Il faut dire que d’outsider il y a encore quelques années, la formation hollandaise fait aujourd’hui partie des tauliers et fait référence dans son style sur la scène « metal symphonique » avec des groupes comme Nightwish ou encore Within Temptation  (notez que les chanteuses de ces trois formations sont toutes originaires des Pays-Bas ! Etonnant non ?)

La belle Simone Simons, front woman de la formation depuis  2003 (à l’époque petite amie de Mark Jansen le fondateur d’Epica) s’est depuis lors installée comme l’image de marque même du groupe, apportant son charisme, sa voix et sa grâce qui viennent en opposition aux passages résolument « metal » du groupe (en ceci, le style d’Epica tranche réellement de Within Temptation et de Nightwish qui s’orientent d’avantage sur des terrains pop ou lyrico-symphonique, parfois à la limite de la musique de film dans le cas de Nightwish).

Le set joué au Hellfest et enregistré comme pas mal d’autres par Arte Concerts a duré environ une heure et a attaqué sur l’avant dernier album The Quantum Enigma (avec des titres phares comme « Unchain Utopia ». Le dernier album Omega pas très présent pour un set récap comme assez souvent en festival sortant pas mal de classiques « Beyond the Matrix », « Sancta Terra » …

J’ai trouvé le groupe et sa chanteuse plutot en forme et c’est tant mieux car leur dernier pasage à Clisson datait de 2015 (déjà!), même si je ne peux m’empêcher de penser que malgré sa grâce indéniable Simone Simons reste toujours assez insaississable et un brin distante (comparée à Floor Jansen ou Sharon Den Adel)…

Quoi qu’il en soit, un très beau moment avec des classiques, de la pyrotechnie, beaucoup de fans en communion totale. Que demander de plus ?

Nightwish

Impossible de passer cette journée très teintée symphonique sans aller voir la référence du genre : NIGHTWISH.

Patrons du style depuis dès années, le groupe a clivé ses fans à partir du départ de sa chanteuse historique Tarja Turunen en 2005. D’un style composé pour elle et sa voix particulièrement lyrique, le groupe est passé à une sonorité jugée plus pop avec l’arrivée de la suédoise Annette Olzon  en 2006. Le compositeur Tuomas Holopainen s’adaptant à sa voix pour écrire, la critique et l’accueil des fans furent mitigés. Annette était de par sa voix dans l’incapacité d’interpréter certains titres phares comme « Ghost Love Score » par exemple. Finalement virée en 2012 en pleine tournée durant laquelle elle avait des soucis de santé ,c’est la neerlandaise et frontwoman de After Forever Floor Jansen qui assura le relais. Le live impressionnant donné lors du Wacken Open Air, l’amplitude vocale et la prestance de la chanteuse suscitèrent un tel engouement sur les réseaux de fans que le groupe l’officialisa en 2014. Elue par le peuple.

C’est donc avec l’impressionnante Floor Jansen que la formation qui a depuis ressorti deux nouveaux albums se présentait à Clisson.

J’ai trouvé le début de set correct mais sans me faire réellement décoller, malgré l’enchainement de titres clés choisis dans les albums allant de Once à Endless Forms Most Beautiful entre autres.

Et puis il y a eu le déclic, l’interprétation dantesque de « Sleeping Sun ». A ce moment, je ne sais pas pourquoi mais le niveau est monté d’un cran, le public a décollé, Floor a enfin exprimé l’intégralité de son talent, avec pour point d’orgue le cultissimme « Ghost Love Score » (chanson qu’elle avoue elle même être sa préférée du groupe), 9 minutes d’une démonstartion scénique et vocale qui a remis les pendules à l’heure et fait de ce concert un moment énorme alors que je pensais presque assister à un de ces shows sans saveurs enchainés chaque soir par habitude.

La baffe a mis du temps à arriver, mais c’en était une belle. Une nouvelle fois, Nightwish montre que l’ère Floor Jansen n’a rien à envier aux précédentes, et que la longévité de Floor au chant approchant désormais les 8 ans (c’est plus que les autres, Tarja y compris), il serait temps d’arrêter de se lamenter sur le « c’était mieux avant » pour se donner les moyen d’apprécier le « c’est très bon maintenant ».

Moonsorrow

Comment décrire l’univers de Moonsorrow ? Il faut probablement imaginer des paysages nordiques enneigés, boisés, peuplés de créatures divines et/ou maléfiques, de sorts, de contes et d’histoires, de mythologies et d’éléments pour se faire une idée.

Et tout ça se retrouve dans leurs albums. Le mythique Jumalten Aika pour ma part reste un des indémodables que je me réécoute avec autant de plaisir. Le set du jour y empruntera d’ailleurs 3 morceaux sur 5, ce qui n’est pas rien quand on voit qu’un morceau de Moonsorrow dure allègrement 14 minutes.

Cela amène toujours la réflexion sur une régle dans la photo de concerts qui tourne parfois à l’absurde : celle dite « des 3 morceaux » pour shooter. Parce que dans le temps d’un seul morceau de Moonsorrow (ou de Monolord dans un autre style), vous pouvez passer 3 à 6 morceaux punk sur la Warzone ! Cela me rappelle un anecdote il y a quelques années ou Monolord ouvrait sous la Valley à 10h30. L’agent de sécu nous dit « ok les gars c’est 3 morceaux max ». Le set se termina 45 minutes plus tard, après un « Empress Rising » de 18 minutes qui clôturait le … troisième morceau. Merci les gars vous nous avez limité à la totalité du set.

Revenons à nos norvégiens préférés, pas de nouvel album depuis 2016 tout de même aussi ce n’est pas sans un certain plaisir que je réécoutai les classiques de Jumalten Aika. Je garderai de ce set l’interprétation magistrale de Ruttolehto et de ses choeurs majestueux et si prenants qui accompagnent l’introduction et le final du (long) morceau. Si vous n’avez jamais écouté cet album, courez-y.

GnR from a mile away

La tête d’affiche du festival ce samedi était bien évidemment GUNS’N ROSES sur la Mainstage 01. Bien évidemment comme souvent, ce groupe limitait les photographes à ceux issus d’un algorithme obscur mélangeant des books, de la loterie, de la notoriété, des droits juridiques et des petits pois. A ce jeu, France Metal est rarement parmi les élus et c’est ainsi (et cela fait aussi du bien) que je me suis offert la fin du concert des Gunz façon festivalier depuis le fond de l’espace Mainstage (avouons qu’il y avait un petit peu du monde devant le groupe qui jouait rappelons le dans sa configuration Duff + Slash + Rose ce qui était en soi un événement.

J’avais vu Slash & Friends en 2010, Guns’n roses sans Slash en 2012, mais là c’était un peu plus « les vrais ». Je ne m’attarderais pas sur le concert, n’étant pas placé au mieux pour juger du son, de la voix d’Axl, de la prestation de Slash, j’ai tout entendu de mauvais la dessus, et comme toujours les « haters » critiquent à tout va. A tort ou à raison, je ne m’estime pas légitime pour exprimer un avis alors … démerdez vous avec ça. Ce que j’ai vu était en attente avec ce que j’attendais d’un concert en « fond de salle près du bar », j’ai kiffé les morceaux en buvant ma bière. Je sais, je ne suis pas un fan très exigeant. Le plaisir c’est parfois aussi savoir profiter sans tout analyser et chercher la critique. Be positive.

In extremo

J’aurais donc pu m’arrêter après les Guns mais un bon souvenir de 2014 m’a incité à passer voir In Extremo avant de rentrer.

J’avais pu voir In Extremo et apprécier leurs morceaux et instrumentalisations remplies de « vielleries » et autres cornemuses issues d’un autre lieu et d’un autre temps. J’espérais donc revivre un beau moment.

Ce fut avouons le assez bref. Les installations pyrotechniques des teutons limitaient fortement les déplacements, l’espace photographe était divisé par deux (pas le nombre de photographes), et on s’est fait chasser au bout de 1 seul morceau sans avoir pu bénéficier de lumière décente.  C’est donc avec une certaine frustration que j’ai du quitter le pit, d’autant que des instruments assez photogéniques sont arrivés juste après.

Parfois ça matche, parfois pas, c’est le jeu. Je profitai donc du set de loin ce qui me permis de ne pas griller avec les projections pyro et me contentai shooter l’ambiance de loin avant de rentrer reprendre des forces pour l’ultime journée de l’édition du siècle.

Retour en quelques images.


Dimanche 26 : the climax of the fortnight

20 seconds falling man

C’est avec ce qui me restait d’énergie que je me dépêche de me lever le matin et de m’envoyer un bon café et un bon petit déjeuner avant de rejoindre le site dès l’ouverture. J’avais promis aux copains nantais de 20 SECONDS FALLING MAN d’être là et cette fois, pas de pluie torrentielle pour contrecarrer mes plans.

Etant parmi les locaux de l’étape, il ne s’agissait pas pour moi de découvrir le groupe dont j’apprécie par ailleurs particulièrement l’univers musical teinté de « post rock » aux accents hardcore par moments, très poignant et pénétrant. Mais j’ai une fois de plus totalement été pris dans cet univers justement. Le set fut court, 30 mn pas plus, juste le temps d’un premier voyage pour une journée qui s’annonçait longue et mémorable et la Valley était pour l’occasion déjà pas mal remplie ce qui faisait plaisir à voir.

The Atomic Bitchwax

Vous aimez Monster Magnet ? Vous aimerez The Atomic Bitchwax puisque deux des trois membres sont aussi membres du célèbre groupe Stoner mené par Dave Wyndorf.

The Atomic Bitchwax renoue avec la tradition power trio et officie dans un registre assez proche de Monster Magnet avec des parties plus régulièrement rapides et complexes peut-être. Moins d’originalité, plus de rock’n roll façon « diamond in the rough ». Formés comme un side project de Monster Magnet vers la fin des années 90 le groupe a sorti 4 albums de façon assez irrégulière (comme souvent d’ailleurs dans les side-projects), le dernier datant de 2020.

Après les avoir vus de tout près en 2017 à la regrettée Scène Michelet j’étais impatient de les revoir et de reprendre un bonne « mandale » de rock’n roll et de stoner. On en arrive à se demander comment on arrive à faire une musique aussi énergique et travaillée à trois seulement. La réponse ? Le talent probablement. Merci les gars pour ce set qui lança ma journée avec un électro choc de 15000 volts.

Nytt Land

J’avais découvert NYTT LAND par hasard il y a quelques années au festival Motocultor à Saint Nolff et j’étais resté captivé par l’univers musical de la formation originaire de Sibérie. Projet familial de Antoni et Natalia Pakhalenko (mari et femme) le groupe est souvent comparé à des formations telles que Wardruna ou encore Heilung.

Savant mélange de rituels chamaniques et de sonorités issues de la nature (cris de corbeaux, sons de la Toundra), l’atmosphère qui se dégage d’un concert de Nytt Land est assez rapidement envoutante si vous êtes un tant soit peu réceptif au style. Les titres s’inspirent de la mythologie nordique et la plupart des morceaux sont chantés dans une langue héritée du vieux norrois (pour ce sur quoi les linguistes du genre arrivent à s’accorder sur ce que le vieux norrois pouvait bien être, la famille de ces langues s’étant éteinte aux Shetland vers le milieu du XIXe siècle).

Le dernier album (ritual) sorti en 2021 faisait ici la quasi totalité du set, promo oblige. Retour en images avec cette petite galerie.

Angelus Apatrida

Après le concert de Nytt Land sous la Temple, je me décide à aller voir Angelus Apatrida en Mainstage. La dernière fois que je les avais vus c’était pour la tournée warmup du Motocultor 2019 si ma mémoire est bonne et c’était au Ferrailleur à Nantes. Atmosphère et distance tout autre cette fois en shootant depuis la mainstage d’autant que ce dimanche, la mainstage 01 avait pas mal changé de configuration. Le Snake Pit était déjà en place pour le concert événement du soir avec la venue de Metallica. Accès réduit donc, et limitation de mouvement pour prendre quelques photos sur un temps ma fois assez court, juste le temps du premier morceau « bleed the crown » qui sera suivi de « indoctrinate » sur lequel j’aurai le temps de faire encore deux ou trois photos.

Il faut dire que l’éclairage d’un jour couvert sur la mainstage avec une absence quasi totale d’éclairage artificiel  donne assez peu de latitude pour varier les clichés ce qui peut vite s’avérer frustrant, d’autant que les contrastes sont quasi inexistants sans le soleil.

Qu’importe, coté musque le thrash des espagnols fait mouche dans le public et c’est bien l’essentiel. Les pogos se forment très vite et le show déroule vitesse grand V durant environ 40 mn. Au vu de la tête d’affiche du soir et des campeurs qui attendaient l’événement depuis l’ouverture des grilles, le public thrash était déjà nombreux à 13h30. Tant mieux pour Angelus Apatrida. Muchas gracias.

Regarde les hommes tomber vs Hangmans Chair

Etonnant cocktail que ce « versus » proposé par l’organisation du festival et je pense que nous avons été nombreux à voir notre curiosité titillée par ce à quoi pouvait bien ressembler la rencontre entre le sludge empli de désespoir de Hangmans Chair et le Black Metal acéré de Regarde les hommes tomber.

Je m’empresse donc de courir sous la Valley pour découvrir la réponse. Si un mot devait qualifier le ressenti j’utiliserais : massif. Un rythme pachydermique digne des plus grands noms du doom associé avec les sonorités à la frontière du « post rock » et des envolées black metal plus « brut » pour un résultat réellement saisissant.

Coté photo vraiment difficile de savoir par où orienter son objectif car si on additionne les membres des deux formations je peux vous dire qu’on ne sait pas du tout où donner de la tête. D’autant quand on sait que le temps de l’exercice est compté. Je suis passé sur un morceau plutot « black » après avoir patienté sur un morceau plutot « doom/sludge », un bon echantillon en somme d’un set qui durera un peu moins d’une heure pour un résultat qui je pense aura convaincu les sceptiques.

Headcharger

Retour sur la mainstage 01 après l’épisode du « versus » sous la Valley. Cette fois il s’agissait d’aller voir le groupe Headcharger avec qui j’ai un certain affect et que j’ai shooté à de nombreuses reprises depuis 2014 et la sortie de « black diamond snake ». J’avais immédiatement accroché à ce stoner mélé de metal(core) et j’avais pu très vite rencontrer Sébastien et Romain notamment qui en plus d’être bons sont absolument accessibles et accueillants. Etant originaires de la même ville nous avions alors sympathisé et une fois de plus comme souvent lors de leurs passages à Nantes ou dans la région j’avais promis d’aller faire des photos.

Et ce fut chose faite. Malgré la lumière (voir article ci-dessus Angelus Apatrida sur la lumière des mainstages de jour quand c’est couvert), c’était un plaisir d’être là. Pour moi, pour le public, pour les artistes. Et ça se voyait. Seb avait les yeux qui brillait. Jouer ici devant le snake pit de Metallica ça avait quand même un peu la classe.

Côté musique, Black Diamond Snake est bien loin déjà, et après l’excellent Hexagram c’est un nouvel opus « rise from the ashes » qui est sorti l’an dernier et qui naturellement était mis en avant sur ce set (magical ride, rise from the ashes, another day alive etc.). Mention spéciale nostalgie lorsque j’ai entendu les riffs de « land of sunshine » … Un beau moment de partage comme le Hellfest sait en donner, malheureusement durant seulement 40 mn laissant l’assistance sur un sentiment d’inachevé. Mais c’est le jeu du festival et il ne tient qu’à nous de guetter les prochaines dates des caennais dans l’ouest ou ailleurs. Stay tuned.

Ugly Kid Joe

Le temps de prendre une pause méritée avant d’attaquer la dernière ligne droite (dont je ne savais pas encore à quel point elle serait raide), me revoilà sur le site en direction de la Mainstage 01, celle là même où doit jouer Metallica le soir même en tête d’affiche.

C’est là qu’on va commencer à prendre conscience que poursuivre notre journée de photographe sur les MainStages va s’annoncer compliqué. Il est de coutume que les accès aux scènes soient de plus en plus compliqués au fur et à mesure que la journée avance vers l’horaire de passage des têtes d’affiche. Mais ce dimanche, l’impact de la tête d’affiche dépasse l’entendement.

Il est environ 16 heures et la quasi totalité de l’espace en face de la mainstage 01 est déjà squatté par les fans de Metallica avec une densité qui va croissant jusqu’aux crash barriers. Il nous faut montrer à chaque fois qu’on bosse pour négocier le passage sans risquer de passer pour un « grugeur » et on sent bien que c’est le dernier passage possible.

Arrivé au crash et à l’entrée du pit, négo avec l’équipe de Thomas sur la gestion de la suite. Si on ressort une seule fois par la gauche coté MS02 c’en est fini pour la journée car l’accès MS01 sera bloqué. On en arrive donc à l’ineluctable verdict : à partir de ce concert (Ugly Kid Joe) il nous faudra entrer et sortir à droite et refaire la queue 5 fois pour enchainer les concerts jusqu’à Sabaton qui précèdera Metallica. Faisant partie des chanceux autorisés à shooter les Mainstages ce soir il va donc falloir rester sans manger, boire, pisser ni rien d’autre durant 5 heures.

Et c’est parti pour UGLY KID JOE.

La bande à Whitfield Crane fait partie de ces groupes rock qui ont bercé mes années lycée à la même époque que The Offspring, Nirvana ou GnR… Textes acerbes et satiriques sur la société en général et leur époque déjà décadente, les UKJ eurent un succès fulgurant qui dura 5 ans environ avant une séparation à l’amiable en 1996.

Entre temps le mythique album America’s Least Wanted avait marqué son époque de titres inoubliables. Et même si le groupe s’est reformé depuis 2010 environ et a ressorti l’album « uglier than they used to be » en 2015 et … le dernier « rad wings of destiny » sortira fin octobre 2022 !

Malgré tout c’est bien les anciens titres avec une pointe de nostagie que les fans au premier rang (y compris ceux de Metallica visiblement) avaient envie d’entendre. Et le set donna du bonheur au public puisque les tubes phares principaux furent joués et repris en choeur : cats in the cradle (qui est une reprise d’ailleurs de 1974 par Harry Chapin), nighbour, everything about you à la fin bien sur.

Et pour cloturer le tout, le groupe finira le set sur la cover de « ace of spades » de Motörhead. Mission accomplie pour UKJ.

Bullet for my valentine

Directement après avoir shooté Ugly Kid Joe, tous les photographes sont immédiatement revenus se placer pour recommencer sur le set suivant, en l’occurrence celui de BULLET FOR MY VALENTINE.

Et c’est au son de « your betrayal » que Matthew, Michael et leurs acolytes font leur entrée sur la scène. C’est aussi le morceau sur lequel nous pourrons faire les photos. Pas déplaisant. Le titre n’a pas pris une ride et démarre le set à merveille. Il faut dire que malgré leurs bouilles juvéniles, cela fait près de vingt ans que le groupe écume les scènes du monde entier avec une production relativement constante en terme de sorties d’albums. Le dernier en date sorti à la fin de l’année dernière ayant pour originalité d’être éponyme, pas banal pour un album sorti après 22 ans de carrière, on a plutot l’habitude des albums éponymes comme premier opus.

Le set enchaine les titres et les riffs se lancent telles des rafales de mortier, la setlist empruntant à peu près de toutes les périodes allant de « poison » à justement « bullet for my valentine ». Le public visiblement fin connaisseur de la formation est aux anges, le groupe aussi. On ne verra finalement pas passer cette petite heure de concert. Le temps reste dégagé, il est 18h25 lorsque la musique s’arrête, il ne pleuvra pas ce soir. Il était dit que la fête serait belle à Clisson.

Avatar

Retour à la case départ, comprenez au départ du pit photo, près de la mainstage 01. Devant nous les heureux détenteurs de bracelets « sanke pit » commencent déjà à arriver en se frayant un passage au milieu d’une foule de plus en plus dense, à coup de « pardon, sorry » ou à coups de machette je l’ignore. Toujours est-il que les « snake-pitters » arrivent et que l’orga les laisse déjà accéder dans le pit, c’est à dire exactement à l’endroit ou nous prenons les photos, la place étant déjà fort limitée. Difficulté supplémentaire, il va falloir shooter entre les bras de ces gens là qui en plus vont se coller devant nous à la crash barrier et lèvent les bras … décidément, aujourd’hui il y a du challenge !

Qu’importe, il est 18h30 et c’est l’heure du concert de AVATAR.

Quelle que soit la qualité de leur set niveau son, on est toujours sur d’en sortir de jolis clichés. Les suédois font parties de ces groupes extrêmement visuels qu’il est un pur bonheur de prendre en photo.

Cela fait déjà 20 ans que Johannes Eckerström et sa bande sont actifs et pas qu’un peu : 8 albums au compteur, c’est plutôt honorable. C’est surtout depuis une dizaine d’année et les albums « black waltz » et « hail the apocalypse » que le succès a explosé.

C’est d’ailleurs sur « hail the apocalyspse » que le set démarrera, juste après une séquence toute en douceur ou le batteur passera lancer des roses à qui voudra bien les attraper à l’occasion d’un petit tour de snake pit.

Les titres s’enchainent, les tubes retentissent (eagle has landed, bloody angel, let it burn …), le son aux premières loges n’est pas optimal mais on n’est pas les mieux placés pour en juger. Si je le souligne, c’est que pas mal de gens (a posteriori) se plaindront du son sur ce concert en particulier.

Peu importe, Johannes s’éclate sur scène et s’échauffe. La veste finit par tomber. Le personnage du clown un peu « freaky » lui sied à merveille, complètement barré et pour tout dire un peu flippant. Du genre de clown qu’on n’aimerait pas trop croiser un soir dans un parking souterrain …

Et le personnage freaky finira son set avec l’inévitable « smells like a freak show », durant lequel il ira s’adonner à un bain de foule au bord du snake pit.

Une fois de plus, une heure de concert qu’on n’aura pas vu passer et c’est tant mieux parce que quand on sait qu’on a environ 6 heures à passer ici sans ravitaillement (si un peu d’eau merci les équipes sécu et les challengers) autant que la musique et le spectacle soient bons. Il est 19h30 à la fin du set, les organismes tiennent toujours. La bière de 23h sera un délice on le sait mais il faut encore l’attendre un peu. La température qui était remontée ce dimanche baisse de nouveau, les prochaines attentes seront plus supportables.

Bring me the horizon

Nouveau changement de style avec le concert de BRING ME THE HORIZON, on revient à la génération 2010 pour ce groupe formé à Sheffield en 2004 mais qui ne décollera vraiment qu’à compter de son 3e album en 2011 et qui les amènera à tourner avec Parkway Drive, Machine Head ou encore Devildriver… pas mal.

Avec un son résolument metalcore qui a su évoluer et prendre de la maturité au fil des années, les BMTH sont désormais un incontournable du genre et ce n’est pas étonnant de les voir suivre Bullet for my valentine sur la même scène aujourd’hui au Hellfest.

C’est sur le tube « can you feel my heart » que le set démarre et que le charismatique « Oliver Sykes » fait son apparition, vêtu d’un très particulier t-shirt moulant portant les paroles d’une chanson de Mylène Farmer en français. Pour avoir creusé un peu le sujet depuis, j’ai pu trouver une interview video à ce sujet où la question lui avait été posée et il a avoué qu’il ne savait pas du tout ce qu’était cette chanson ni même Mylène Farmer et qu’il portait ce T-shirt juste pour son esthétique. Voilà pour le mystère « désenchantée ». A vrai dire de loin on aurait même pu penser qu’il ne portait rien que des tatouages.

Le fond de scène est psychédélique, d’un rose pétant électrique ou les musiciens hystériques se découpent comme des ombres chinoises, semblant parfois tout simplement voler ou flotter en l’air. Bizarre comme scéno surtout après Avatar mais vraiment original. Un peu particulier pour la prise de vue néanmoins mais jouer avec le second plan a permis d’obtenir quelques effets un peu rigolos.

Le dernier album sorti en 2020 « post human – survival horror » se taille la part du lion d’un set qui défile là encore trop vite. Le foule s’étend désormais à perte de vue. Plus que deux concerts avant les Mets. La tension monte et nous revenons attendre la fin du set patiemment afin d’enchainer et de terminer cette journée hors norme. We’ll make it.

Black Label Society

L’attente se poursuit. Cela fait déjà pas loin de 4 heures que nous sommes coincés là. 20h40. Le pression monte au moment ou BLACK LABEL SOCIETY fait son entrée sur la scène de la Mainstage 01. En effet, ce seront les derniers avant Metallica à jouer ici. Après eux les Mets. Entre temps il y aura le set de Sabaton sur l’autre mainstage. Mais revenons à BLS.

La formation de Zakk Wylde affiche tout de même 11 albums au compteur et existe mine de rien depuis plus de 20 ans. Comptant Zakk Wylde et John de Servio parmi ses membres originaux (même si ce dernier a connu une période de plusieurs années d’absence), le groupe a connu pas mal de modifications de lineup sur les postes de batteur ou encore de bassiste (un certain Robert Trujillo présent ce soir a même occupé le poste de 2001 à 2003 !).

Centrée essentiellement sur la personnalité excentrique de Zakk Wylde, les autres membres se retrouvent globalement effacés et la performance de Zakk s’apparente presque à un one man show, façonnant ses riffs en balançant son manche de guitare dans à peu près toutes les directions, au dessus de la tête, derrière le dos etc. L’ami Zakk aime à rappeler qu’il est un virtuose de cet instrument et qu’il sait faire le show. Certains crieront à l’égo trip de l’ancien guitariste de Ozzy Osbourne, d’autre crieront au génie.

Le backdrop affiche avec opulence le logo en croix de Doom Crew Inc, le dernier album en date de la formation dont est issu « destroy and conquer » qui passera vers le début du set.

Vêtu d’un kilt jaune, les cheveux ébourrifés partant dans tous les sens, Zakk Wylde va une heure durant laisser libre court à son expression corporelle et musicale. Les solos heavy plus rapides et techniques les uns que les autres vont s’enchainer pour le plus grand plaisir des fans.

Coté photo c’est plutot sympa même si il faut avouer qu’on a vite fait le tour du personnage et qu’on tourne vite en rond. Néanmoins quelques passages intéressants comme une belle avancée dans le public avec de Servio les guitares dans le dos et puis au fond le sentiment de passer un bon moment ave un bon groove heavy un peu trapu, ça ne se refuse pas.

Sabaton

Ca y est, nous voilà enfin au dernier concert des mainstages avant de pouvoir sortir après 6 heures passées là entre photographes.

Un excellent souvenir ma foi qui valait bien la petite photo souvenir de nos mines déconfites mais pleines d’espoir à l’idée de s’extirper de là pour aller (enfin !) savourer une bière à défaut d’être autorisés à prendre les seigneurs du thrash en photo.

Vous avouerez qu’on n’a pas forcément fière allure sur ce coup là. Mais pour rien au monde nous n’aurions voulu être ailleurs à ce moment précis.

Fin de l’attente, il est 21h45, le signal est donné pour le début du set de SABATON. Les suédois menés de main de maître par Joakim Broden sont des habitués du festival mais cette fois il ne jouaient pas au pied levé en doublure d’un groupe capable d’abandonner un engagement au détriment de ses fans pour de sombres questions d’ego et d’argent.

Car en 2019, outre un passage programmé sur la mainstage, les suédois s’étaient proposés pour remplacer la place de headline laissée vacante par Manowar (qui a refait le même coup au Barcelona Rock Fest cet été !), annonce faite le matin même du concert alors que le groupe était sur site. Et quand on pense que Joakim Broden était souffrant et avait la voix cassée on ne peut que saluer la dimension de l’engagement et de la loyauté qui furent la leur. Pour cela ils ont gagné le respect clissonais, qu’on aime leur musique ou pas.

Car Sabaton, c’est du power metal avec des textes exclusivement consacrés aux grandes batailles et guerres de l’histoire. Le dixième album « the war to end all wars » est sorti il y a quelques mois après avoir sorti plusieurs singles en étant extraits. Il poursuit la série consacrée à la première guerre mondiale entamée avec « the great war ».

Sur scène, le front de scène est constellé de barbelés (réflexe de photographe = on va en baver pour la mise au point avec ces foutus fils…). Derrière, des sacs de sable, des piquets, et rien de moins qu’un tank (ou un char comme vous préférez). Pour le visuel, on est servis.

Le groupe et son leader sont dans une forme olympique, les titres de pas mal d’albums s’enchainent, de primo victoria a carolus rex jusqu’aux derniers titres et pour se finir par l’incontournable et reconnaissable « to the hell and back ».

Une performance des grands soirs. Le rideau tombe, le noir se fait. Clisson chavire. Les lumières ne se rallumeront que pour accueillir en terre promise les 4 horsemen tant désirés et attendus par Clisson.

Entre temps nous autres photographes avons fui la foule et comme il était impossible de se rapprocher pour voir et interdit de faire des photos, c’est l’appel du bar qui fut le plus fort. Et comme prévu cette bière de la libération fut la meilleure du festival.

Et puisqu’il ne fallait pas finir la dessus, que j’avais déjà vu Metallica au stade de France il y a 3 ans à 3 mètres de la crash barrier, je décide d’aller flinguer mes derniers neurones sous la Valley ou se produisent les geniaux Orange Goblin. Un choix que jamais je ne regretterai !

Orange Goblin

C’est sous une Valley à moitié vide que j’arrive pour clôturer mon festival. Déception, comment un groupe aussi génial que ORANGE GOBLIN peut-il perdre son public du simple fait du set de Metallica en même temps ?

La bande à Ben Ward arrive sur scène et lance la machine comme si de rien n’était.  Et rapidement ce qui est mérité arrive. Le show envoie du lourd d’entrée de jeu et capte les indécis qui se massent pour compléter les fidèles déjà en place. La Valley va déborder en l’espace de quelques morceaux. Les riffs défilent au son des titres issus de la plupart des albums. Il faut dire que le dernier date d’il y a déjà 4 ans si on exclut la sortie d’un album live.

Peu importe, ca qui va se passer d’énorme viendra surtout du public. Sentant la fin d’un festival d’exception arriver, les slameurs vont commencer à surfer sur la foule (on dit « crowdsurfer » en anglais après tout) dans des proportions qui peuvent même rendre jaloux des groupes comme Alestorm (j’ai souvenir d’un set apocalyptique des écossais sous la Temple en 2015 dans les mêmes conditions).

Les équipes de sécu vont pouvoir s’en donner à coeur joie, il pleut des festivaliers, des renforts sont appelés, les challengers sont en surchauffe mais tiennent le coup. Pause légère avec l’organisation d’un wall of death (c’est pas souvent sous la Valley donc à noter) et ça repart.

L’ambiance devient folle dans le public, sur scène le groupe jubile et donne tout ce qu’il a, les équipes de sécu en bavent mais s’éclatent, nous aussi … l’ambiance n’en finit pas de monter et lorsque la fin du set arrive tout le monde jubile et expire dans une agonie quasi orgasmique… On est tous au bout de nos vies, on l’a fait, on n’a peut-être pas notre t-shirt mais on est des finishers.

On finira avec un bel hommmage aux challengers en prenant une petite photo souvenir.

Et je finirai mon report sur cette galerie incroyable qui parlera mieux que tous les mots. On a vécu une édition d’anthologie, il fallait qu’elle se termine en apothéose. Je ne suis pas certain que l’ambiance la plus dingue se trouvait devant la mainstage 1 ce dimanche soir. Nous étions là, nous sommes épuisés, heureux. C’est fini et on a déjà hâte de la prochaine.

Merci si vous avez tenu jusque là.  A très vite.