Amarok Metal Fest – 28 et 29 février 2020- Aigrefeuille sur Maine (44)

Arrivé vendredi dès l’ouverture du site, pour découvrir ce festival qui en est à sa 5ème édition, la qualité et l’originalité du décor soigné saute aux yeux : installations plastiques qui nous plongent dans un univers qui fait penser à Madmax.

Les bénévoles vous accueillent avec le sourire dans la carcasse d’une voiture. Elles et ils sont tous bien en place (certains d’entre eux ont des costumes en lien avec les décors) et l’on sent d’entrée de jeu, une organisation bien rodée.

Sur un vaste espace extérieur se trouve la restauration et un bar qui permettront de se restaurer et se désaltérer, à des prix très abordables, entre chaque concert durant les deux jours.

Découverte du site intérieur avec cette année un village d’exposants qui bénéficie du prêt d’un gymnase attenant (merci les années d’élection municipale) vaste où il sera bien agréable de venir voir les produits proposés (bijoux, tatoueur, artisanats variés, disquaire, fringues et merch des groupes). Un lieu idéal pour venir déambuler entre chaque concert après être passé au très grand bar intérieur.

Après cette balade découverte, place aux concerts. Première constatation : la salle offre un rapport scène/salle qui favorise la proximité et permet de n’être jamais très loin des artistes qui vont s’y produisent.

Obsidian de Nantes ouvre les hostilités avec son Progressive Metalcore très en place et séduisant, devant un public malheureusement assez clairsemé en ce début de soirée. Dommage pour eux car leur prestation méritait grandement la découverte. Première bonne surprise de la soirée avec un set qui m’a paru court tellement leur musique est prenante. Le son était parfait tout comme le light show. Ils ne manqueront d’ailleurs pas de remercier l’équipe technique qui assurera ainsi sur toutes les prestations à venir, avec la même qualité.

Après le changement de plateau c’est au tour de Sideburn de Rennes d’investir la scène avec son Metalcore teinté de Trash et de Death qui peine à convaincre malgré les efforts de leur frontman qui veut à tout prix et de manière trop répétitive embarquer un public encore clairsemé. Le contraste avec Obsidian était peut-être trop grand.

Pour l’entrée sur scène d’In Arkadia de Lyon, la fosse est beaucoup plus fournie et la présence de deux chanteurs (Arthur Bagarre a rejoint le groupe récemment) propulse leur Blackened Deathcore vers les sommets. Ça bastonne ferme sur scène et le public ne s’y trompe pas. La fosse est en liesse. Seul revers à cette médaille étincelante un show un peu court, sans doute par manque de temps pour travailler plus de matériel dans leur nouvelle configuration.

La soirée est bien entamée lorsque In Other Climes de Nice prend possession de la scène de l’Amarok pour délivrer un set de Thrash Hardcore impeccable. Maîtrise technique et jeu de scène font le job et retourne la fosse qui n’aura pas une minute de répit durant ce qui sera pour moi le meilleur concert de cette première journée.

La soirée se termine avec une belle prestation de Stinky de Nantes qui dans le genre Punk / Hardcore délivre un set propulsé par la formidable énergie de sa chanteuse Claire qui fait le show de bout en bout. Parfait pour clôturer cette première soirée haute en énergie.

Pour la deuxième journée de cet Amarok Metal Fest 2020, c’est à Dysfunctional de Nantes d’ouvrir l’après-midi avec son Death Metal/progressive/experimental très frontal mais qui peine à varier les ambiances et à convaincre sur la durée d’un set un peu trop monolithique. Il faut dire que démarrer tôt dans l’après-midi n’est jamais évident.

Void qui leur succède vient aussi de Nantes en revanche avec son deathcore mélodique et varié ils offrent un set plaisant et énergique qui remue les festivaliers présents. Un jeune groupe assurément à suivre qui a une belle présence sur scène sans en faire plus qu’il ne faut. Leurs compos parlent pour eux.

Vient ensuite Prophetic Scourge de Bayonne qui n’est pas venu de si loin pour faire de la figuration. Leur Progressive Death Metal fait mouche d’entrée de jeu. Guitares épiques, rythmique furieuse et chant maîtrisé et varié mettent une claque à une fosse qui en redemande. Ils ont d’autant plus de mérite que des pannes successives de leur van a bien failli nous priver de leur présence. Un sans faute qui donne envie de les revoir dans les plus bref délais. Première belle découverte de cette journée. En attendant l’écoute de leur album « Calvary » ravira à n’en pas douter les amateurs du genre.

Death Decline entre en scène, les Dijonnais nous offre un set de Death / Thrash Metal parfaitement exécuté. Là aussi les guitares sont virevoltantes et la présence du frontman offre un show des plus énergique.

Pour démarrer la soirée c’est Dysmorphic, venant de Tours, qui prend place sur scène. On se dit qu’ils vont avoir du mal à égaler les prestations précédentes. Erreur, ils nous délivrent un set de Technical Death Metal parfaitement exécuté, les mélodies des guitares sont parfaites, les envolées lyriques ravissent car la technicité de leur jeu est impressionnante et propulse les compositions vers des territoires plus vastes que le seul Death. Ils sont un cran au dessus de Death Décline, car leurs compositions sont plus mélodiques et variées créant des belles atmosphères parfois proche du progressif. Là encore l’écoute de leur album « An Illusive Progress » mérite le détour.

L’impeccable dosage de la programmation permet de changer de genre dans ce milieu de soirée avec Heart Attack qui évolue dans un style Groove Thrash Metal avec un chant plus clair (ce qui permet de reposer les oreilles de ceux qui, comme moi, étaient lassés du scream qui sévissait depuis le début d’après- midi). Les Cannois nous proposent des compositions proches d’un Heavy survitaminé très bien construit et percutant. Très énergique leur chanteur embarque la fosse dans une transe qui ne faiblira pas tout au long de leur prestation. Leur nouveau titre « Take your pride back » est un parfait résumé de leur style. En ce qui me concerne, deuxième belle découverte et grosse claque de la journée.

En ce qui concerne Lizzard sera le dernier groupe de cette super édition que je verrais. Ce trio de Limoges va nous offrir un set racé de rock/experimental/art/metal (c’est comme cela qu’ils se définissent). C’est le deuxième moment franchement mélodique de cette édition (après Obsidian). Un moment de salutaire, accalmie dans une programmation où les musiques extrêmes se sont taillées la part du lion. Des compositions aérées, atmosphériques et limpides pour accompagner un chant clair aux lignes très purs rappelant Klone par moment. La batteuse Katy assure derrière ses fûts une rythmique efficace. Ajoutez l’humour pince sans rire de Mathieu et vous aurez une idée de ce que ce groupe propose sur scène. Une musique à découvrir de toute urgence pour une prestation qui passe à la vitesse de l’éclair. J’en aurais bien repris une louche malgré l’heure tardive. Leur disque « Schift » n’a pas quitté ma platine depuis cette prestation enchanteresse. Final parfait pour un festivalier qui avait une heure trente de route à assurer pour renter sur ses terres mayennaises.

Au final, ces deux jours m’ont permis de mesurer l’incroyable foisonnement et la diversité de la scène Metal française et de me rendre compte que la réputation de ce festival n’était pas usurpée. Programmation costaude, niveau des formations proposées très relevé et parfait agencement des différents styles sur les deux jours. Convivialité et rapport/qualité prix défiant toute concurrence, me motiveront à revenir l’an prochain à Aigrefeuille. Seule ombre au tableau l’affluence qui n’était pas au rendez-vous. Sans doute que la programmation d’une grosse date Metal sur Nantes le samedi soir n’a pas aidé les organisateurs qui ont ouvrir une cagnotte en ligne pour combler un déficit que cette édition ne méritait pas.

Live report par : Jean Marc 

Crédit photos : Gaël Hervé

Galerie photos :