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Interview Lying Figures

– Comment est né votre groupe ?

Lying Figures est né de l’envie de Matthieu et Medhi (guitares) en 2008 de créer une musique qui les touche, qui leur permettrait d’exprimer leurs sentiments négatifs. Une volonté de créer un groupe qui mélangerait toutes leurs influences, qu’elles soient musicales, littéraires ou cinématographique.

– Comment définiriez-vous votre musique ?

Nous avons toujours considéré la musique, et plus particulièrement d’avoir un groupe comme un exutoire. Cela nous permet d’évacuer le stress quotidien, les sentiments négatifs tel que la colère, la dépression, mais aussi ces moments de mélancolie, cette frustration que l’on ne sait pas toujours exprimer par des mots… Je pense que ce mélange a créé l’identité du groupe, une musique sombre, malsaine, mélodique et mélancolique avec cette touche d’agressivité que l’on peut ressentir sur certains riffs. Si on doit se placer dans une catégorie, je dirais qu’on joue du « death doom metal » . Nous ne sommes pas un groupe doom dans le sens où beaucoup de gens le perçoivent, nos tempos ne sont pas pachydermiques, cependant, l’atmosphère global qui s’en dégage nous rapproche indéniablement de ce style, mais tout en gardant nos racines death metal, et nos influences plus black metal ou post-rock peut être.

Des groupes comme Katatonia, Paradise Lost, Saturnus font partie de nos influences, au même titre que des groupes de black, de death, ou même heavy. La littérature telle que Lovecraft ou Edgar Allan Poe nous inspirent aussi, au même titre que l’univers sombre de certains jeux vidéo comme Silent Hill 2, d’où le nom même « Lying Figures » provient de cet univers…

– Quels sont les étapes importantes qui ont marqué le groupe ?

Il y en a plusieurs, négatives comme positives.

En positif, Je dirais mon arrivée dans le groupe juste après la sortie de l’EP ‘A world of my own’ pour remplacer Ludo à la basse, fut importante pour le groupe. C’est à ce moment-là qu’on a commencé à sortir de l’ombre, à prendre la promotion un peu plus au sérieux, à faire plus de concerts, jouer à l’étranger. Matthieu m’avait dit à l’époque qu’il souhaitait me recruter à la fois parce qu’il adorait mon précédent groupe Inborn Suffering et aussi parce que j’avais de l’expérience dans la vie d’un groupe. Chose que personne n’avait à l’époque.

Il y a, justement nos premiers concerts étrangers, pouvoir quitter la France pour jouer en Suisse, Pays-Bas, Belgique, Italie, c’est un grand pas pour nous, et d’y être si bien reçu à chaque fois, que ce soit par les organisations ou par le public, ça fait du bien !

Il y a, justement nos premiers concerts étrangers, pouvoir quitter la France pour jouer en Suisse, Pays-Bas, Belgique, Italie, c’est un grand pas pour nous, et d’y être si bien reçus à chaque fois, que ce soit par les organisations ou par le public, ça fait du bien !

Et pour le ‘négatif’, je pense bien sûr au départ de Mehdi en 2018, perdre un membre fondateur et compositeur principal c’est quelque chose de difficile à gérer. Heureusement, par la suite, nous avions trouvé Hugo (Dysomnia) qui l’a remplacé pendant 2 ans, avant de finalement partir pour laisser la place à Claude (Dusk of Delusion).

Et là, tout récemment, Thibault nous a annoncé qu’il quittait le groupe, c’est également un coup dur pour nous. Il a écrit et composé beaucoup de titres en plus de 10 ans au sein de Lying Figures.

Nous nous efforçons d’absorber tous ces moments difficiles et d’avancer. On repense à tout le chemin parcouru pour continuer l’aventure comme on peut, à notre rythme…

– Quels sont vos meilleurs souvenirs ?

Les meilleurs souvenirs, je dirais les concerts à l’étranger, c’est tellement grisant de voir que notre musique plait au-delà des frontières, pouvoir rencontrer les fans, partager la scène avec des groupes que l’on apprécie, la reconnaissance de nos pairs…

Je pense par exemple au Dutch Doom Days à Rotterdam où on a partagé l’affiche avec Ahab, et passé de bons moments backstage avec October Tide, ou encore avec Evadne à Milan, nos passages en Belgique aussi sont toujours de superbes souvenirs.

– Comment vivez-vous cette période de crise sanitaire ?

Je pense qu’on est comme tous les artistes: frustrés, énervés, mais aussi blasés, voir résignés…

C’est dur pour tout le monde, être privé de scène, de vivre notre passion pleinement, en tant que musiciens, mais aussi individuellement en tant que fan de musique. Et je pense que le monde des musiques extrêmes est encore plus touché par cette pandémie, c’est une musique vivante, les gens ont besoin d’être en contact, on ne peut pas faire un concert de brutal death assis sur une chaise à 1m de distance les uns des autres, ce serait abject !

En revanche, je déplore les gens qui se plaignent sur les réseaux sociaux d’être privés de concerts, alors que bien avant la crise sanitaire, beaucoup de salles, bar-concerts ou associations n’arrivaient pas à rentrer dans leurs frais et à payer les groupes correctement par manque de fréquentations aux évènements…j’espère que cette longue crise fera changer les gens pour la suite sur l’importance de soutenir l’activité underground….

– Quels sont vos projets ?

Ca fait maintenant plus de 3 ans que notre album ‘The abstract escape’ est sorti. Nous avons depuis plusieurs mois commencés à composer pour le prochain opus, malheureusement avec le départ de Thibault, la crise sanitaire, on se retrouve ralenti dans le processus, on avance à notre rythme, on essaie de digérer tout ça, on évite de se mettre trop de pression. Bien sûr, nous avons hâte de reprendre les concerts, d’aller en studio enregistrer ce nouvel album, mais on veut faire les choses bien, peu importe le temps que ça prendra. On commence à sortir du marasme ambiant et à voir plus loin. Les morceaux déjà composés nous plaisent énormément et c’est bon signe, ça veut dire qu’on est sur la bonne voie.