MUSCADEATH 2023 le Report Day 1

Report par Sabrina M. Lozen – Photography / extrait vidéo kermhit

Pour sa vingtième année d’existence, le MUSCADEATH s’est déroulé les 29 et 30 septembre à l’Espace Culturel Le Champilambart à Vallet (44), à 10 km de son gigantesque grand frère, j’ai nommé le Hellfest.  Mais contrairement à ce dernier, le Muscadeath reste plus élitiste, se voulant un festival de metal extrême axé sur le Death, le Black, et le Grindcore.  Organisé par Carnage Asso Muscadeath, cette édition a à nouveau fait la part belle à 15 groupes d’horizons divers et de différentes nationalités.  Avec God Dethroned et Carcass en têtes d’affiche, ces 2 jours promettaient de nous faire vibrer.  Il est temps de nous plonger dans une petite rétrospective de ce moment.

Jour 1 – 29/09/2023

Avant de rentrer dans le vif du sujet, un petit tour d’horizon des lieux.  Le site est agréable, avec une terrasse à la sortie où se trouve d’ailleurs le stand bouffe pour les pauses entre concerts.  Au niveau bar, deux places stratégiques : une dans la salle, pour ceux qui doivent se réhydrater après le chaos des mosh pits, et une à l’extérieur pour ceux qui prennent le temps de savourer.  Une bonne variété de bières est disponible, et le festival s’est même payé le luxe de proposer une vente de bouteilles de muscadet estampillées Muscadeath.  La classe ultime ! Il y a un espace Merch à côté de la salle, bien agencé, presque « cosy ».  Enfin, la salle avec sa jauge de 1500 places est agréable, l’accès est facile et le flux de personnes se fait tranquillement.  Bon, ça c’est le début, ça va devenir plus folklorique avec l’arrivée en masse des festivaliers pendant la soirée, mais on n’en est pas arrivé à se marcher sur les pieds, c’est le principal !

Il est maintenant 18h30 et le groupe Circle ov Hell ouvre la marche.

Circle ov Hell 8

C’est souvent difficile d’être les premiers, le public est encore un peu épars et amorphe mais c’est un moment que j’apprécie particulièrement car il permet de se poser et faire de belles découvertes avant la frénésie de fin de soirée.  Ici, ça s’y prête d’autant plus que le groupe nantais nous dévoile un Black/Death symphonique dont le concept est entièrement basé sur la Divine Comédie. Très spécifique donc, mais qui fédère des fans inconditionnels qui brandissent le livre de Dante Alighieri comme des trophées dans la salle !

Circle ov Hell 9

Circle ov Hell 19

 

Pour bien connaître ce chef-d’œuvre littéraire, leurs compositions retranscrivent en effet un mélange de mystère, d’effroi, et d’introspection philosophique qui lui est propre.  Je regrette juste un son un peu trop faiblard à mon sens, ça aurait mérité plus de basse et de profondeur, mais c’était peut-être dû aux balances en phase « d’ajustement » à ce stade.

Circle ov Hell 2

Quoi qu’il en soit, l’esprit de leur musique est très personnel et ça se ressent, c’est une belle découverte.

Place ensuite au groupe de Black métal Moonreich qui a sorti son dernier album « Amer » il y a quelques mois via les Acteur de l’Ombre Productions.

Moonreich 5

 

 

Moonreich 8

 

Là, on n’est pas dans un Black classique et sa déferlante classique de blasts qui, bien que présents, sont largement entrecoupés de tempos beaucoup plus lents, dans une ambiance aérienne presque hypnotique.  Ces breaks atmosphériques ont une place belle dans les compos, et nuancent l’ambiance ténébreuse générale par des touches transcendantes presque mystiques.

Moonreich 9

Moonreich 12

Une combinaison audacieuse qui donne l’envie d’en découvrir plus au calme à la maison, au vu de la richesse musicale qui nous est à peine dévoilée. Ça se déguste calmement, sans précipitation.  Et si les morceaux sont assez longs, ce qui peut être rédhibitoire en live, ici, ça passe très bien tant on se laisse porter par l’atmosphère générale.

On continue avec un autre bébé des Acteurs de l’Ombre, Aorlhac, originaire de ma belle région auvergnate.

Aorlhac 7

Et on change un peu de registre, car bien que le groupe se revendique Black, le style est très différent.  Entre blasts rageurs et mélodies d’une grande qualité, agrémentés de quelques passages plus mélancoliques, je me souviens d’être devenue instantanément fan la première fois que je les ai écouté !

Aorlhac 11

Aorlhac 18

Pas le temps de reprendre son souffle avec eux, le rythme est énergique, épique, mais parallèlement d’une richesse et d’une diversité qui ravit les oreilles des plus exigeants. L’accent est mis sur la qualité, pas question d’abrutir l’auditeur avec du gros son bien bourrin, tout est calculé minutieusement, avec mêmes des touches de trash au milieu de passages plus mélodeath tout en conservant une cohérence globale saisissante.

Aorlhac 2

Aorlhac 21

C’est beau et grandiose, et ça booste bien pour la suite des hostilités.

Après une pause bien méritée, c’est au tour des Marseillais d’ACOD de chauffer la salle.  Et eux aussi apportent leur vision personnelle du Black/Death.

ACOD 5

ACOD

A nouveau, on est pris d’emblée dans des alternances de riffs acérés, d’ambiances pesantes et de tonalités mélodieuses savamment distillées.  Les hurlements inquiétants qui soulignent le tout ajoutent une profondeur à cette explosion de rage brute et subtile à la fois.

ACOD 8

ACOD 11

Leur musique est puissante et contrastée, tout pour plaire à un public complètement conquis.  Encore une fois, les Acteurs de l’Ombre savent qui ils prennent sous leur aile ténébreuse !

Un petit interlude s’impose avant les 2 derniers groupes.  C’est là que les pérégrinations de Dante en Enfer reviennent en force, et que l’avertissement « Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance » prend tout son sens. A ce stade de la soirée, la salle s’est transformée en chaos infernal, les damnés hurlant, slamant, boxant, s’évanouissant dans une grande débandade dantesque.  Quitte à monter sur scène pour sauter ensuite sans crier gare dans la foule sans même prendre la peine de vérifier la qualité de la réception.  Le genre de circonstances qu’on a l’habitude d’expérimenter lors de concerts intimistes dans des bars obscurs mais assez déroutant dans un évènement de cette ampleur !

Bon, tout en essayant de sauver mon matériel photo de tout accident fortuit, je me concentre pour la suite.  Parce qu’il y a encore du lourd qui nous attend.  Necrowretch arrive avec son Death métal teinté de Black offensif et ça ne va pas calmer nos damnés !

Necrowretch 3

Necrowretch 4

Le temps n’est plus aux compromis et à la nuance, nous voilà plongés dans une ambiance bien old school, avec des riffs cinglants et malsains, et des rythmes à vous faire déboîter toutes les cervicales.  L’atmosphère est morbide, les compositions sont glauques, histoire de nous rappeler avec efficacité les racines du Death dans sa noirceur et sa rage primaire.  Mais même si on ressent l’ombre de Dissection derrière tout ça, ce n’est que pour ravir les fans du genre !

Necrowretch

Necrowretch 5

Ca y est, le chaos touche à sa fin, mais il nous reste une petite douceur à savourer avec God Dethroned.

God Dethroned 11

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les Néerlandais sont loin d’être des novices du genre. Ils déversent leurs ténèbres sur toutes les salles d’Europe et d’ailleurs depuis les années 90s, et malgré de nombreux changements de line-up et des pauses dans leur carrière, ils n’ont rien perdu de leur rage.

God Dethroned 2

God Dethroned 4

L’ambiance est sombre et inquiétante, mais agrémentée de sonorités subtiles à la guitare qui apportent une dimension harmonique presque envoûtante mais toute en lourdeur quand même.  C’est cette touche Black caractéristique qu’on leur connaît bien, et qui les distingue aisément dans leur genre.  Le show est propre et carré, ce qui contraste étrangement avec la salle qui s’est, entre-temps, quasiment transformée en civière géante pour hallucinés hystériques.

God Dethroned 14
God Dethroned

C’était parfait pour finir cette première journée avec délicatesse et finesse.  Vivement la suite !

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