Report par Sabrina M. Lozen – Photography / extrait vidéo kermhit
Jour 2 – 09/08/2025
Après une nuit trop courte, le soleil n’a pas attendu notre réveil pour reprendre sa course implacable dans le ciel de Cercoux. Pendant ce temps, les festivaliers émergent doucement, et si les teints sont déjà blafards pour certains, l’excitation augmente en puissance. Le public plus nombreux a déjà pris d’assaut le site avant le début des hostilités. Plus personne ne “découvre” le site : on circule instinctivement, bière à la main, en attendant les premiers riffs. Aujourd’hui, on montre qu’on est prêt à encaisser dignement !
Dès l’ouverture des scènes, Overcharger met tout le monde dans l’ambiance, avec un groove Metal lourd et poisseux qui s’installe immédiatement.


Les riffs roulent comme un moteur bien réglé, et le public, encore en phase d’échauffement, se laisse progressivement entraîner par cette lourdeur efficace.


Sans chercher à en faire trop, les Bordelais posent une ambiance solide, presque hypnotique.

Les premiers mouvements de foule apparaissent, les nuques commencent à se délier, et l’on sent que la machine du Jour 2 est bel et bien enclenchée.
C’est ensuite au tour de Dirty Dogz qui vient en découdre avec une approche plus brute, plus instinctive.


Ici, pas de tergiversations inutiles, ça frappe droit devant !


Le son est cru, l’attitude résolument rock’n’roll, et la scène devient rapidement un terrain de jeu où l’énergie sans artifices prime sur la précision.

Le public répond présent, attiré par cette sincérité presque punk. Ça bouge, ça transpire, et la fosse commence à sérieusement se densifier sous un soleil toujours aussi intraitable.
Avec TH3ORY, on passe à l’univers du “Cyber Nu Metal”. Et oui, ça existe !


Et si les costumes futuritstes apportent indéniablement une saveur supplémentaires, c’est surtout le niveau technique qui monte d’un cran avec les Toulonnais.


Le metal proposé est incisif, moderne, et porté par une énergie constante. Les morceaux s’enchaînent sans temps mort, alternant puissance et passages plus maîtrisés.

Le public se montre attentif, réactif, et clairement réceptif à un tel set dynamique et structuré.
Avec l’arrivée de Eight Sins (et les chaussettes vertes fluo du chanteur), l’ambiance change immédiatement.


Le groupe de Greoble déboule avec une énergie thrash-hardcore explosive.


Dès les premiers riffs, la fosse s’embrase. Les pogos deviennent plus francs, plus engagés, et l’atmosphère se charge d’une agressivité joyeusement libératrice. Le groupe fédère sans effort.

Les refrains sont repris, les corps se percutent dans une ambiance bon enfant. Un moment de pur défoulement, parfaitement à sa place en ce samedi après-midi.
On reste dans la même région, avec Nightmare, et d’emblée, le ton se fait plus sombre et plus lourd.


Le Power Metal du groupe s’installe lentement, presque majestueusement, contrastant avec l’urgence du set précédent.


Les riffs sont massifs, les structures plus posées, la chanteuse hypnotise par sa voix qui s’élève en flèche par moment dans une ambiance symphonique maîtrisée.

Dans la fosse, on se laisse envelopper par cette lourdeur assumée. Nightmare impose son rythme, et rappelle que parfois, la puissance réside aussi dans la retenue et la maîtrise.
Voilà ensuite 7 Weeks, qui apporte une relative respiration bienvenue avec un metal plus heavy/rock, direct et rentre-dedans.


Les riffs des Limogeauds sont agressifs mais mélodiques et accrochent rapidement. L’attitude des protagonistes sur scène est communicative.


On sent un vrai plaisir de jouer, qui se transmet instantanément au public. Le set fonctionne parfaitement dans ce contexte. Moins extrême, mais tout aussi efficace, il permet de relâcher un peu la pression avant la montée finale de la journée.

Une pause bienvenue avant les tempêtes musicales à venir.
Lorsque Fu Manchu prend possession de la scène, l’ambiance se transforme.


Le Stoner/rock lourd et groovy du groupe installe une transe collective. Nos Ricains du Sud de la Californie n’y vont pas avec le dos de la cuillère.


Les riffs sont lents, épais, presque enveloppants. Le public oscille plus qu’il ne pogote, porté par cette vibe hypnotique.

Un moment suspendu, où la chaleur et la fatigue semblent presque faire partie intégrante de l’expérience.
Retour à la rage avec Tagada Jones.


Le groupe n’a rien perdu de son Punk Metal mordant. Les textes claquent, les riffs sont directs, et la scène devient un exutoire collectif.


La foule est en fusion. Ça chante, ça hurle, ça saute. Les nuques craquent, les genoux se déboîtent, et ceux qui tentent de survivre encore un peu s’extirpent douloureusement de la fosse.

Le set transforme le site en un immense cri de révolte, rappelant que le metal est aussi un vecteur de colère et de résistance.
C’est au tour de la machine ultime de monter sur scène. Mass Hysteria déboule comme une tempête !


Et la machine est parfaitement huilée, avec des riffs incisifs, des refrains fédérateurs, et une scène qui vibre à l’unisson avec la foule. C’est intense, c’est abrasif, et ça fait secouer toutes les têtes.


Chaque refrain est repris en chœur, chaque break déclenche une vague de mouvements dans la foule. Le groupe livre un set puissant, intense, presque cathartique.

Une démonstration de ce que le Metal français peut offrir de plus rassembleur et explosif.
Et l’apothéose de cette seconde journée est portée par les Parisiens de Shaârghot qui plonge le site dans un univers sombre et industriel.


Le son est lourd, oppressant, presque suffocant.


Les visuels renforcent cette impression de fin du monde imminente, avec cette ambiance lumineuse saturée de vert, rouge, et violet vifs qui accentue l’impression de malaise apocalyptique.


Le public, pourtant déjà bien entamé par la journée, répond présent. Un final intense, dérangeant, qui laisse les festivaliers vidés mais satisfaits, conscients d’avoir vécu une journée hors normes.
Un samedi d’apocalypse sonique sous le soleil se termine. Chaque groupe a trouvé sa place, et les ambiances se sont entrechoquées sans jamais s’effacer. Un tournant dans le festival, et une énergie collective plus intense que la veille. Et maintenant, il nous faut quelques heures pour reprendre du poil de la bête,… avant le feu d’artifice final !