Par Gaël HERVE et Martine VARAGO, pour FRANCE METAL
Ce live report décrit nos deux dernières journées sur site, coté scène (le samedi et le dimanche donc) et ne traite pas de la partie festival ou expérience festivalier.
Ce dernier sujet fait l’objet d’un report séparé dont le lien est ici : https://france-metal.fr/hellfest-2026-report/
Le live report des deux première journées (jeudi et vendredi) est ici : https://france-metal.fr/hellfest-2026-live-report-j1-j2/
Nous nous concentrerons donc ici sur nos passages devant les différentes scènes et nos avis sur les prestations des différents groupes, que ce soit pour partager avec ceux qui étaient là ou encore pour faire vivre les moments à ceux qui n’ont pas pu y être.
On espère que ce live report vous replongera dans la fournaise de cette édition 2026.
C’est parti!
Samedi 20 juin
Jumping Jack – Hell City Stage
Pour changer, et s’offrir un peu de douceur à la mi-temps approximataive du festival, un petit tour par la brasserie Hell City s’impose. En effet, au-delà de l’atmosphère cosy malgré la foule et d’une impression d’être ailleurs, le Hell City accueille cette année une nouvelle scène officielle du festival : la Hell City Stage.
Entièrement dédiée à des concerts acoustiques, elle permet d’écouter de la musique tout en se reposant, ce qui est moins facile devant la Warzone il est vrai.
En ce samedi après midi, ce sont les locaux de Jumping Jack qui entament leur set.
Et pas n’importe lequel. Car en effet en mai dernier le groupe a annoncé sur ses réseaux qu’il s’arrêtait là après 17 années de bons et loyaux services.
Alors si de nouveaux projets naitront, il était impensable de manquer cet ultime rendez vous de Jumping Jack, et en acoustique s’il vous plait.
Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs – Valley
Pigs x7 comme on l’écrit souvent (flemme d’écrire Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs Pigs) est un groupe de stoner sludge noise britannique dont les débuts remontent à 2012, OVNI musical et phénomène enragé sur scène, il est l’assurance d’une performance live de haute voltige. Entre morceaux frôlant avec le punk, d’autres avec le doom, un reprise de Donna Summer (hot stuff) on vous donne en trois tendances toute l’étendue de la palette musicale du groupe.
Ajoutez à cela que les musiciens autour du chanteur Matthew Baty semblent tous être connectés directement à une pile electrique et vous aurez une idée de ce à quoi ce rendez vous à la Valley pouvait ressembler.
Retour en images (et ce n’est pas simple de figer un OVNI pareil).
Sidilarsen – Mainstage 1
Passage par la Mainstage 1 pour le concert de Sidilarsen. Fondé à la fin des années 90 du coté de Toulouse, la formation officie dans un univers qui mêle un metal indus frôlant par instants avec l’electro. Ajoutons a ceci la rage, l’engagement des textes, et l’energie du live et vous obtenez un cocktail qui ne demande qu’a exploser sur la scène du Hellfest.
Et quel concert !
Fort de 8 albums, le groupe choisit d’équilibrer son set en piochant deux morceaux dans 4 d’entre eux, façon best-of.
Le résultat est indescriptible. Les rythmiques puissantes et martelées tels les marteux d’une usine sidérurgique balient tout sur leur passage. Les textes sont profondéments modernes et engagés. La cause des femmes notamment et leur sécurité en festival sont au coeur des sujets.
Sidilarsen était assurément un des groupes de l’après midi à ne pas manquer, la mandale est immense et laisse un public sonné et sur orbite lorsque les décibels s’arrêtent. C’était fou, c’était trop court.
Crisix – Mainstage 2
Crisix, une montée en effervescence à coups de thrash
Crisix, le groupe de thrash espagnol, formé en 2008, joue en plein cagnard à 16H10 sur la Main Stage 2. Pour des thrashers et d’autant plus des méditerranéens habitués à la chaleur, cela ne les gêne pas du tout. Ils se donnent à fond comme si de rien était. Avec leur speed metal et débordant d’énergie, ils font monter en effervescence circles pits et mosh pits. Le guitariste chanteur Busi descend dans la fosse et poursuit ses riffs au milieu du cercle, accompagné de quatre bras de fer. Leur ultra thrash, encore plus rapide que celui d’Anthrax, enflamme littéralement la fosse.
Devait suivre sur cette même scène le groupe brésilien Cavalera.
Mais victime d’un accident de parebrise causé par un canard, leur bus n’a pas pu suivre son chemin. Annulation de dernière minute.
God Is An Astronaut – Valley
C’est l’heure de se ruer vers la Valley (oui encore mais on l’aime beaucoup celle-là). Pourquoi ? Parce qu’il y a le groupe que je ne peux pas rater cette après midi et qui ne se produit pas si souvent en France que cela. Je parle de God Is An Astronaut.
Originaires du comté de Wicklow en République d’Irlande, les 3 musiciens disposent d’un univers bien à eux qui en fait une des références du Post Rock européen.
En arrivant devant la scène, on reconnaît immédiatement le violoncelle electronique de Jo Quail ont on sait qu’elle collabore avec le groupe sur plusieurs projets. C’est donc avec un immense plaisir que la belle anglaise rejoint les irlandais pour démarrer ce set en piochant dans un album qui a presque 20 ans : « all is violent, all is bright ».
En quelques minutes le public lache prise et se laisse emporter dans les limbes d’une musique cosmique et onirique comme peu de groupes savent en faire. Après quelques morceaux arrivent les morceaux issus du dernier album Embers dont le morceau éponyme précédé de Oscillation. L’atmosphère de la valley est alors métamorphosée et le public semble emporté et littéralement mis sur orbite.
La formation terminera sur un extrait de «the end of the beginning» : from dust to the beyond , un titre idéal pour conclure en apothéose ce qui est un moment en nul autre pareil.
Si vous avez manqué ça, sachez que le concert a été enregistré et que l’album « live at Hellfest » est sorti le 6 juillet, il y a quelques jours.
Comme on dit en Irlande : Go raibh maith agaoibh
Cromags – Warzone
Cro-Mags, une œuvre brute aux relents métalliques
Sur la Warzone, se produit Cro-Mags, vieux gang de hardcore originaire de New York. Le quartet légendaire délivre une œuvre brute, incandescente aux influences métalliques. Un discours toujours engagé comme de nombreux punks dans l’âme, le frontman Harley Francis Flanagan formule des propos contre les guerres en général mais surtout revendique les bienfaits de la musique.
Toujours la casquette tournée à l’envers, torse nu, la dégaine du bassiste se reconnaît depuis toujours, lui qui se revendique comme le fondateur du gang.
Sur scène, le set est bien rôdé et on remarque principalement les allées et venues de Flanagan.
Anthrax – Mainstage 2
Anthrax, l’ « Antisocial » survolté
Formé en 1981 par les guitaristes Scott Ian et Danny Lilker, Anthrax répand son thrash telle une véritable invasion de furoncles. Identiques à eux-mêmes comme en l’an 80, avec quelques rides en plus, le quintet New Yorkais livre un set classique.
De l’ouverture musclée « Among The living » à un « Antisocial » à la Trust sur la Main Stage 2, le quintet démontre une totale maîtrise de la scène et la réaction du public est intense surtout lors de « Caught in a Mosh », « Madhouse » pour clôturer, dans une ambiance survoltée, sur « Indians ».
Aura Noir – Temple
Retour sous la tente Temple pour voir le show de Aura Noir. Là, c’est du brutal. Le groupe norvégien ne fait pas dans la dentelle et balance à la sulfateuse un mix de black metal et de thrash metal hyper vitaminés.
Fondés en 1993, le groupe sort en 1996 après un premier EP un album mythique nommé Black Thrash Attack. Et comme on est en 2026, il ne vous aura pas échappé que cette année marque les 30 ans de cet opus. Et c’est donc sans concessions que le trio Aggressor, Apollyon et Blasphemer se lance dans un set exclusivement dédié à cet album anniversaire.
A peine lancés, les musiciens partent bille en tête avec une intensité maximale sans aucune chauffe préalable. C’est intense et brutal. Aggressor, contraint de jouer sur un chaise ou un tabouret depuis son accident de 2005 affiche un sourire immense montrant combien il est ravi d’être ici. Le passage en pit sera court tant les morceaux sont incisifs et violents mais j’ai pu capturer ces quelques images de ce concert mémorable.
Amenra – Valley
Cela faisait un petit moment que je n’avais pas vu Amenra. La dernière fois c’était à l’Etage à Rennes à l’occasion des 20 ans de Garmonbozia, en 2018 donc. C’est dire.
Je garde un souvenir impérissable de ce concert ultra intimiste dans une petite salle, même s’il y avait quelques abrutis pour déblatérer des conneries sur les temps de silence du set.
J’étais donc curieux et un peu dubitatif de voir ce que pouvait donner la formation belge sur une grande scène comme la Valley, en plein jour avec un éclairage très direct, la Valley étant orientée comme les Mainstages, l’éclairage de jour est toujours un peu gris fade, malgré les éclairages scéniques.
Et en effet, il m’a fallu plus de temps pour rentrer dedans. Non pas que le groupe y soit pour quelque chose, non, il me manquait juste cette noirceur intimiste qui sied tant à la musique d’Amenra.
Avec son univers à la croisée du Doom, du Post Metal ou post hardcore, la lumière claire obscure et enfumée m’a manqué une partie du set.
Le set s’équilibre entre la plupart des opus du groupe, de Mass III à Mass VI (les albums d’Amenra sont appelés Mass + numéro en chiffres romains, sauf le dernier De Doorn qui signifie l’épine en flamand et dont la couverture est un barbelé).
Fidèle à son habitude le chanteur lance son chant scream en adoptant sa traditionnelle posture de dos, courbé et se balançant au fur et à mesure de ses complaintes hurlantes.
Plus qu’à l’accoutumée de mes souvenirs, on verra aussi Colin se tourner plus frontalement face public ou de coté offrant une étendue plus vaste du visuel d’Amenra.
Un concert puissant et enivrant qui a fini par m’emporter quand fumée et lumières blanches en contrejour sont enfin venues me combler.
Megadeth – Mainstage 2
Megadeth, du thrash haute technicité
Après Anthrax, c’est au tour du légendaire Megadeth de prendre d’assaut la Main Stage 2.
Les musiciens sont toujours performants et le set est parfaitement bien joué. Dave grimace souvent sur sa guitare Flying-V, se laissant investir entièrement par la mélodie de ses riffs. 1h20 de thrash metal de très haut niveau devant une foule compacte et particulièrement réceptive. Depuis « Hangar 18 » et « Take No Prisoners » qui déclenchent les premiers gros mosh pits de la soirée jusqu’au trio final « Symphony of Destruction », « Peace Sells » et « Holy Wars » qui transforme la Mainstage 2 en véritable champ de bataille métallique, la prestation de Megadeth figure ce soir parmi les prestations thrash les plus marquantes du Hellfest 2026.
Cult of Luna – Valley
Il est toujours assez difficile de photographier Cult Of Luna. Et pourtant, quelque chose d’irrésistible me pousse à essayer cette année encore.
Avec ses atmosphères dont on sait d’avance qu’elle seront en contre jour, enfumées et abusant de couleurs complexes, c’est souvent un vrai défi.
Autre défi, ils sont nombreux sur scène les bougres, intègrent deux batteries, des claviers, etc.
Il est tout autant difficile de décrire la musique de Cult of Luna tant elle est une harmonie entre sludge, post core ou metal atmosphérique (et on doit pouvoir en rajouter).
Quelque chose de puissant et de post apocalyptique vous emporte dès les premières notes de Cold Burn, en tout début de set. Un classique. Puis vient un morceau issu du futur nouvel album « in the shadow of your shadow ». L’album est annoncé pour le 6 novembre.
Le reste du set que je verrai de plus loin après mon passage dans lepit photo est très homogène et reste fidèle aux concerts que j’avais déjà vus. Une heure de messe à vénérer la lune en communion avec Clisson, et le silence retombe sur une assemblée encore sonnée et se demandant quel rouleau compresseur vient de lui rouler dessus.
A noter que le concert est disponible car enregistré par Arte Concert (sur Youtube) : Cult of Luna au Hellfest
Behemoth – Mainstage 2
Behemoth, la puissance sonore et visuelle du black metal polonais
Le dernier groupe à jouer sur la Main Stage 2 est Behemoth.
Le célèbre groupe de black metal polonais se présente sur scène, chacun des membres brandissant le poing en l’air.
Mené par Adam ‘Nergal’ Darski, le groupe polonais propose un spectacle monumental mêlant black metal, death metal, pyrotechnie, encens, symboles occultes et mise en scène théâtrale. Avec une setlist parfaite composée de leurs principaux morceaux tels « She-Goat » ou encore « Blow your trumpets Gabriel », le quintet termine ce samedi soir sur un tempo lourd, dans une atmosphère obscure et réchauffée par les flammes d’ambiance, crachées dans le ciel. Les visages cadavéreux aux yeux hagards de chiens battus des musiciens accentuent cette atmosphère lovecraftienne avant un rappel en apothéose sur « o father, o satan, o sun ».
Pour les amateurs de mise en scène, de puissance sonore et d’atmosphère sombre, Behemoth signe clairement l’un des moments forts de cette édition Hellfest 2026.
Les lumières tombent, il est 2h du matin, grand temps de rentrer dormir et prendre des forces car demain Dimanche la canicule montera d’un cran pour passer les 40 degrés. Encore un jour, tenons le coup.
Dimanche 21 juin
President – Mainstage 2 – Photos interdites
PRESIDENT, l’incognito du metalcore
L’un des grands mystères de cette dernière journée du Hellfest 2026 est PRESIDENT. Souhaitant resté dans l’incognito, le grand mystère continue de circuler et fait couler beaucoup d’encre… Combien de temps tiendront-ils leur secret car tourner avec de nombreux groupes va finir par se révéler un jour. Mais aussi garder un mystère tel que le fait le groupe PRESIDENT accroît l’intensité émotionnelle et la curiosité du public. Le quartet se présente sur la Main Stage 2 en début d’après-midi , masqué de noir pour les guitariste Heist (traduction : braqueur), le bassiste Protest et le batteur Vice. Le frontman et producteur arbore un masque d’un pseudo-président. Ayant tourné avec Architects et Bad Omens, on finira bien par apprendra les noms. Certains bruits courent déjà qu’il s’agirait de Charlie Simpson. Les gens ont déjà découvert que sa société de médias (Komorebi Entertainment Limited) possède les marques de commerce associées au groupe. S’il possède les droits sur tout ce qui concerne ce projet, il en fait partie à 100 %. En attendant, leur metalcore s’apprécie.
Buzzcocks – Warzone
Buzzcocks, les influenceurs du punk mélodique
Fondé en 1976 à Manchester par Pete Shelley (décédé en 2018) et Howard Devoto, Buzzcocks est l’un des groupes pionniers du punk britannique. Sur la scène de la War Zone, le public s’avance timidement pour découvir ou ré-écouter leurs chansons courtes, mélodiques et accrocheuses, mêlant l’énergie du punk à des thèmes comme l’amour et les relations. Parmi leurs titres les plus connus figurent Ever Fallen in Love (With Someone You Shouldn’t’ve?) et What Do I Get?. Aujourd’hui, le quartet joue son set punk rock classique devant une foule qui remplit la fosse petit à petit.
Pennywise – Mainstage 2
Direction cette fois la Mainstage pour un des groupes qui allait fouler la scène du Hellfest poru la première fois. Et oui il reste des formations, parfois majeures, qui ne sont toujours pas venues au Hellfest (et je ne parle ni d’AC/DC ni de SOAD). Je parle de Pennywise, icône du punk made in USA, originaire de Californie.
Fondé en 1988, le groupe a été plutot prolifique en sortant régulièrement des albums tous les deux ou trois ans.
En formation serrée autour de Jim Lindberg, le groupe a vu son line-up évoluer quelque peu mais reste fidèle musicalement à son esprit originel.
On passe sur la période sombre de 2009 à 2013 ou Lindberg avait quitté le groupe avant de revenir en grande pompe.
Il y a peu le groupe avait annoncé une tournée européenne avec Circle Jerks (présent au HF aussi) et c’était l’occasion de capter cette première fois de choix.
Et c’est bien Jim Lindberg qui était là à Clisson, casquette sur la tête et tshirt blanc pour en découdre avec la fosse clissonnaise. Le concert plein d’une énergie des premiers jours va enchainer les morceaux du groupe et quelques covers étonnantes (stand by me, fight for your rights …) avant de s’achever sur l’inratable « Bro Hymn ».
Une bombe de fraicheur punk californienne, voilà qui faisait grand bien malgré la chaleur à son apogée. Merci d’avoir attrapé ce groupe, c’était une première parfaitement réussie. Et pourquoi pas un retour pour la 20ème ?
Eyehategod – Valley
EyeHateGod et son sludge infernal
Du côté de la Valley, le groupe américain de sludge metal, Eyehategod, formé en 1988 à La Nouvelle-Orléans par le guitariste Jimmy Bower et le batteur Joey LaCaze, présente leur style musical. Les riffs lourds du doom metal fusionnent avec l’agressivité du hardcore punk. Le chanteur Mike IX Williams est toujours la voix emblématique du groupe. Leurs textes abordent la misère, l’addiction, la violence, la pauvreté et la marginalisation sur un chant éraillé et désespéré.Dans une atmosphère lourde oppressante de doom metal et marquée par le blues, les métaleux dodelinent de la tête, alourdie par la chaleur, au rythme des riffs puissants. Malgré des problèmes d’addiction, Eyehategod parvient à rester actif. toujours fidèle à son identité et en conservant son intensité caractéristique sur scène.
Six Feet Under – Altar
Un événement se profilait en ce début de soirée et c’est sous l’Altar que ça allait se passer.
Chris Barnes, ex Cannibal Corpse (dont il était fondateur en 1988 et qu’il quitta en 1995) entrait en lice avec son autre projet majeur : Six Feet under.
Et 6FU, cela faisait 12 ans qu’on ne les avait pas vus en France, depuis une tournée européenne entre 2013 et 2014, D’ailleurs le dernier Hellfest de 6FU était en 2013.
C’était donc indéniablement à voir.
Le groupe remonte à 1993 et l’investissement de Barnes dans ce projet n’est pas étranger à son éviction de Cannibal Corpse. Très prolifique, 6FU affiche une bonne quinzaine d’albums et officie dans un registre death metal structuré, pas bourrin, aux accents un peu « doomesques » si je puis dire.
Si le line-up est stable depuis une dizaine d’année, c’était sans compter sans le départ du batteur Marco Pitruzzela, remplacé en 2026 par Ruston Grosse.
Une heure durant, les ricains vont faire défiler les tubes en piochant dans quelques uns de leurs albums anciens dont le premier Haunted.
En guise de fin, Barnes reprendra deux titres de Cannibal Corpse. S’agit-il des lors de covers quandon est l’ancien fondateur d’un groupe qu’on a quitté ? Vous avez quatre heures.
Circle Jerks – Warzone
Circle Jerks, l’un des pionniers du hardcore américain
Sans Circle Jerks, Dead Kennedy’s, The Plasmatics…, il n’existerait ni metalcore, ni deathcore, ni grindcore, ni post-hardcore… Alors ce gang créé en 1979 à Los Angeles par Keith Morris (ancien chanteur de Black Flag) et Greg Hetson, c’est Circle Jerks. Un groupe qui demeure emblématique du hardcore punk californien. Leur premier album, Group Sex (1980), est considéré comme un classique du genre grâce à ses morceaux très courts, rapides et agressifs. Le groupe est connu pour ses critiques sociales et politiques ainsi que pour ses performances scéniques énergiques. Et sur la Waz Zone les musiciens et leur frontman nous le démontrent bien malgré les quelques années passées en âge.
Corrosion of Conformity – Valley
La venue de Corrosion of Conformity au Hellfest cette année marquait la fin de la tournée UK/Europe du groupe lancée à l’occasion de la sortie du nouvel album Good God Baad Man.
C’est donc assez surprenant mais le groupe a axé son set sur un album classique « deliverance » qui date de 1994.
Un set qui sentait bon la Caroline du Nord et le rock’n roll.
Coté scène, le line-up a fortement bougé ces dernières années, après le décès en 2020 du batteur fondateur Reed Mullin et le départ en 2024 de Mike Dean, bassiste fondateur. Il est remplacé par Bobby Landgraf, bein reconnaissable avec son sourire en banane caché derrière sa grande barbe blanche.
Reste donc le guitariste Pepper Keenan, bien présent et Woody Weatherman au chant et guitare.
Le quartet aura mis peu de temps à entrainer la Valley dans son hochement de tête un peu plus énervé que d’habitude ant la musique se prêtait à l’atmosphère lourde et écrasante de cette dernière journée caniculaire.
Rise Against – Mainstage 1
Rise Against, engagé et mélodique
De retour sur la Mains Stage 1, Rise Against livre un set solide et fédérateur. Porté par l’énergie de Tim McIlrath, le groupe confirme son statut de valeur sûre du punk rock mélodique venu de Chicago. Entre punk rock, hardcore mélodique et rock alternatif, leur musique garde une forte dimension engagée, avec des textes centrés sur les droits humains, la justice sociale et les enjeux politiques et environnementaux. On ressent bien leur identité en live, où l’intensité ne faiblit pas.
Des albums comme Siren Song of the Counter Culture, The Sufferer & the Witness et Appeal to Reason leur ont permis de connaître un succès international. Et aujourd’hui le public a clairement répondu présent sur les classiques Savior, Prayer of the Refugee. Du Rise Against comme attendu : engagé, mélodique et taillé pour les grandes scènes comme au Hellfest.
Possessed – Altar
Attention légende du Death Metal.
Si Possessed est officiellement lancéen 1983 par Jeff Beccera, le groupe s’arretera 4 ans plus tard, se reformera pour 3 ans au début des années 90 et stoppera pour plus de dix ans encore.
Au final, la légende est tenace et le projet est relancé en 2007 par le même Jeff.
En 1989, alors qu’il achetait simplement des clopes, deux individus cagoulés l’agressent et lui demandent son argent, chose qu’il refusera. Il recevra alors deux balles de 9mm dont l’une d’elle le paralysera des membres inférieurs, l’obligeant à vivre désormais en chaise roulante.
Apres 2007, le line-up autour de Jeff continuera de changer pour se stabiliser autour de 2016 autour de Claudeous Creamer (guitare), Robert Cardenas (basse) et Robert Gonzales (guitare). Le nouveau batteur Chris Aguirre n’est arrivé qu’en 2023 quant à lui, c’était donc la première fois que je le voyais puisque mon dernier concert de Possessed remontait à 2019.
C’est toujours incroyable de voir sur scène la force de caractère de cette légende qu’est Jeff Becerra et la joie qu’il ressent à voir le public lui communiquer son plaisir.
Coté musique, le plus étonnant est le décalage entre la notoriété et la longévité du groupe, comparée avec le fait qu’ils ne disposent que de deux albums des années 85-86, et d’un très récent datant de 2019.
Et comme souvent dans ce cas, c’est sur les anciens que le focus est fait. Le concert enchainera donc les titres de Seven Churches et Beyond the Gates pour l’essentiel, des titres qui ont désormais 40 ans, excusez du peu.
Architects – Mainstage 2
Architects, toujours un metalcore à fond et plein d’émotions
Architects est un groupe de metalcore formé en 2004 à Brighton par les frères jumeaux Dan Searle et Tom Searle. Leur musique combine metalcore, hardcore mélodique et influences progressives. Après les débuts avec Nightmares, le groupe connaît une ascension grâce à des albums comme Lost Forever // Lost Together, All Our Gods Have Abandoned Us et Holy Hell. Le décès de Tom Searle en 2016, des suites d’un cancer, marque profondément le groupe et influence les albums suivants. Depuis, Architects poursuit sa carrière avec un son mêlant puissance, mélodies et thèmes engagés. Ce soir, ils le démontrent. Entre énergie, son puissant et la voix sublime de Sam Carter, Architects fait découvrir ou re-découvrir leurs nouveaux titres comme « Elegy », « Whiplash », «Black Hole », « Seeing Red » pour terminer en beauté sur leur classique « Animals ». Toujours un show fort en émotions.
The Hives – Mainstage 1
The Hives retourne la fosse
Un jet d’eau pour réveiller les festivaliers couchés ou assis. Et nombreux sont-ils ! Voilà tout le monde debout à présent. Et le show peut continuer.
Formé en 1993 à Fagersta, The Hives est composé notamment du chanteur Howlin’ Pelle Almqvist, des guitaristes Nicholaus Arson, Vigilante Carlstroem, et du batteur Chris Dangerous . Un line-up quasi inchangé hormis l’arrivée du bassisite Johan Gustafsson en 2014. Les Suédois se sont fait connaître internationalement au début des années 2000 avec leur mélange de garage rock, de punk rock et de rock ‘n’ roll. Avec cinq titres du nouvel album « Forever Forever », « (Enough Is Enough », « Hooray Hooray Hooray », « Paint a Picture », « Legalize Living », et leurs grands incontournables comme « Main Offender », « Hate to Say I Told You So », « Walk Idiot Walk » et « Tick Tick Boom », The Hives retourne la fosse.. Un show plein d’énergie et toujours fun !
Acid Bath – Valley
Encore un événement, du coté de la Valley cette fois.
Acid Bath se forme en 1991 en Louisiane et connaitra une carrière essentiellement aux Etats unis où le groupe se fera reconnaître comme un influenceur majeur du sludge en l’hybridant avec d’autres courants comme le grunge en plein essor à l’époque.
Après deux albums sortis en 1994 et 1996, l’histoire du groupe bascule. L’un des membres est tué en voiture dans un accident impliquant un chauffard qui avait brûlé un stop.
Le groupe arrête son activité en 1997.
15 octobre 2024, un show rassemblant trois membres fondateurs d’Acid Bath est organisé à Las Vegas. Un one shot. En théorie. Dès lors l’engouement pour cette reformation (et peut être des opportunités pécuniaires) s’affole et le groupe est demandé partout dans le monde dans les festivals notamment.
Et c’est ainsi que nous nous retrouvons devant la première date française d’Acid Bath, tranquilles, mine de rien.
Pas de nouvel album au programme, c’est donc dans les 2 opus des années 90 que le groupe a puisé son heure de set et c’est tant mieux car c’est ce que le public était venu chercher.
L’avenir nous dira ce qu’il advient de cette « reformation », en tout cas nous avons bien profité de cette opportunité qu’on croyait bien impossible.
Marduk – Temple
Marduk, le black metal blasphématoire
À la Temple, l’ambiance est déjà lourde avant même que les amplis ne crachent le premier mur de son. Le public est compact, concentré, prêt à encaisser ce que Marduk sait faire de mieux depuis plus de trois décennies : une attaque frontale, sans compromis. Fondé en 1990 à Norrköping par le guitariste Morgan Håkansson, Marduk est l’un des groupes majeurs du black metal suédois. Leur objectif initial était de créer un groupe « le plus brutal et blasphématoire possible ». Ils déversent un black metal caractérisé par des tempos très rapides, des riffs agressifs et des paroles inspirées par l’occultisme, l’antireligion, la guerre et la mort. La setlist est très axée sur les albums de la période moderne, avec notamment « Panzer Division Marduk », « Werwolf », « The Blond Beast », « Throne of Rats » et « Shovel Beats Sceptre ». À la sortie, on a surtout la sensation d’avoir traversé quelque chose de massif, presque épuisant, mais parfaitement maîtrisé dans sa violence. Une démonstration de force, fidèle à ce que Marduk est devenu : une machine de guerre du black metal suédois, toujours en marche.
The Adicts – Warzone
Le festival commence a toucher a sa fin et on se dit qu’une petite dernière à la Warzone ça ne peut pas faire de mal. Je me dirige sans même savoir qui passe et le hasard m’amène devant le scène ou se produit The Adicts.
Je suis verni coté visuel, l’univers « circus » de ce clown de chanteur va ravir les photographes.
Le groupe est en fait très ancien puisque démarrant et ayant ses heures de gloire dans les années 80 ou il fera le haut des charts en Angleterre avec son punk rock frais et andiablé.
Apres une période d’inactivité comme on en voit souvent dans les groupes, The Adicts se relance au début des années 2000 et va sortir 4 ou 5 albums au rythme d’un tous les 3-4 ans. En 2017 sort son dernier album sous le label Nuclear Blast.
Depuis plus rien depuis 10 ans.
On était donc pas mécontent de les voir sur scène ce soir.
Coté scénique Keith Warren « aka Monkey » s’écalte en front de scène avec ses accessoires de clown. Jets de cartes, figurines, parapluie explosifs, c’est d’un visuel.
L’energie de « Monkey » se répand à la fosse de la Warzone ou un « boxon » pas possible s’installe pour la joie de tout le monde.
Voici quelques photos de mon court passage devant la scène.
Down – Valley
Et pour clôturer j’ai choisi d’aller rendre visite à Phil Anselmo sur la Valley.
Habitué des scènes clissonnaises, Anselmo joue pour ainsi dire à domicile au Hellfest. Venu maintes et maintes fois avec ses différentes formations (Superjoint Rituals, Down, Phil Anselmo & the Illegals) c’était ce soir avec Down qu’il venait en découdre.
Supergroupe de folie intégrant outre Anselmo Pepper Keenan de Corrosion of Conformity (qui avait joué quelques heures avant), Kirk Windstein et Pat Bruders de Crowbar par exemple.
C’est dans le rouge caractéristique des lumières que le concert démarre. Et il sera complètement centré sur le légendaire album NOLA, de quoi rendre dingue les fans de la première heure.
Les tubes s’enchainent, sans break jusqu’a l’apothéose sur Smoke the Crow ou Bury Me in Smoke.
















































































































































